TheColorGrey: Futur grand de la scène hip hop belge

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Jef Claes

MC, producteur, auteur, rappeur, chanteur, Will Michiels, alias TheColorGrey, a plus d’une corde à son arc. À tout juste 22 ans, cet artiste anversois a déjà tout d’un grand artiste, l’humilité en prime. Avant de fouler la scène des Ardentes le 9 juillet prochain, il dévoile son premier album «Rebelation» entièrement en anglais. Avec des titres comme «Silence Speaks», «Comme il faut» ou «Don’t Wonder», il fait preuve d’une maturité musicale qui témoigne sans équivoque de son talent.

À 22 ans, tu es déjà producteur, chanteur, rappeur… Comment as-tu débuté dans la musique?

«J’ai commencé à créer de la musique à l’âge de neuf ans quand mon frère a quitté la maison et qu’il m’a laissé son clavier. Mais ce n’est qu’en 2014 que j’ai publié des sons sur Soundclound et YouTube. C’est là que je me suis rendu compte que les gens aimaient vraiment ce que je faisais, surtout à Anvers.»

D’où vient le nom TheColorGrey?

«Ça vient d’un livre de mon grand-père que j’ai lu à l’âge de 16 ans. À cette époque, je ne me posais pas beaucoup de questions sur le monde ou la vie en général. Puis je suis tombé sur le personnage de ce livre qui disait que les gens n’étaient pas noirs ou blancs mais gris. C’est quelque chose qui m’a beaucoup fait réfléchir. Selon moi, tout le monde est un peu TheColorGrey.»

Évoquer le monde qui t’entoure, ta vie ou tes origines c’est ce que tu as voulu faire sur cet album?

«Oui, j’ai voulu raconter mon histoire. Il y a quelques sujets qui reviennent comme ma vie personnelle, la connexion avec le pays de ma mère, le Congo, mes rêves en tant qu’artiste, mais aussi mon passé et mon avenir. C’est vraiment un album très personnel.»

Pourquoi l’avoir appelé «Rebelation»?

«C’est un jeu de mot entre ‘rebelle’ et ‘révélation’. J’ai l’impression d’être une sorte de rebelle dans l’industrie de la musique en voulant faire ce qui me correspond et que du coup ça sera peut-être plus difficile pour moi de percer dans le milieu. «Révélation», ça concerne mon rôle de producteur et des artistes variés dont je m’occupe. Moi-même, je fais plusieurs choses en tant qu’artiste.»

Quelle est ta chanson préférée de cet album?

«La première ‘Dont Wonder’. Il y a beaucoup de rappeurs qui semblent avoir peur de montrer leurs émotions. Moi, au contraire, je voulais que le premier son soit quelque chose qui touche les gens. Sur ‘On & on’, il y a ce côté un peu gospel et elle met de bonne humeur. J’espère que les gens le ressentiront de la même manière que moi.»

C’est un album très mature. Où trouves-tu l’inspiration?

«Ça vient de ceux que j’écoute. J’aime bien les artistes un peu plus sérieux, qui ont vraiment quelque chose à dire comme Oddisee, Kendrick Lamar, J Cole ou des rappeurs un peu plus underground, alternatifs. J’écoute aussi de la soul, de la funk et beaucoup d’autres genres dont j’essaie de m’inspirer.»

Quand on vient d’Anvers, comment en arrive-t-on à collaborer avec Oddisee?

«J’ai eu l’opportunité de faire sa première partie à Bruxelles en 2015. Puis un jour alors que j’avais posté une chanson sur mon Soundclound il est venu me dire qu’il aimait vraiment bien ce que je faisais et m’a proposé de travailler avec lui.»

C’est plus facile de rapper en anglais qu’en néerlandais?

«Pour moi oui parce que j’ai toujours voulu être un artiste international. Je ne sais pas pourquoi mais dans mon cas c’est toujours un peu bizarre d’écrire ou de rapper en néerlandais même si c’est ma langue maternelle. En anglais, ça vient plus facilement.»

Comment imagines-tu la suite?

«Mon rêve c’est vraiment d’aider ma famille au Congo. Leur situation financière n’est pas vraiment optimale donc j’aimerais bien faire quelque chose pour eux si un jour j’en ai la capacité. Si j’ai la possibilité de partir là-bas, je pense que je ferai probablement un album sur mon expérience.»

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