Sur la route des vacances avec « Les Beaux étés »

Pour le troisième été consécutif, on retrouve la famille Faldérault pour ses vacances. Nous sommes montés à bord de la 4L rouge présente à l’expo Zidrou à Bruxelles avec Jordi Lafebre, le dessinateur espagnol des «Beaux étés», une saga familiale terriblement tendre et attachante. En route!

Avec Jordi Lafebre à bord de la 4L rouge des Faldérault – Ph. Marie-Odile Delvigne

Comment êtes-vous monté à bord de cette aventure avec Zidrou?

Jordi Lafebre«C’est notre quatrième collaboration avec Zidrou. ‘La Mondaine’ était un polar très dur, très noir. Après cela, nous avons voulu faire une série plus lumineuse. On a alors sorti pas mal d’idées, pas mal d’excuses pour parler de sentiments positifs. Finalement, j’ai demandé à Zidrou qu’il choisisse un sujet qui lui soit très personnel. Il avait envie de parler de pique-niques et on a élargi aux vacances.»

En trois albums, on a eu le temps de s’attacher à cette famille sympathique. Avez-vous déjà imaginé toute son histoire?

«Oui. Quand tu décides de faire une histoire de famille, tu découvres plein de sujets dont tu peux parler: des relations entre les personnages, du couple, des enfants entre eux mais aussi parler d’une époque. On a trouvé un sujet infini et universel. Et c’est ça que nous aimons. Tout le monde a une famille, presque tout le monde a connu des vacances en famille, et donc en a gardé des souvenirs.»

On retrouve les personnages à différents âges. Un défi pour le dessinateur?

«Le vrai défi, c’est en effet de faire évoluer les personnages et pas toujours chronologiquement. Le tome 1 est en 1973, le 2 en 1969 et celui-ci en 1962. Et le 4 repartira en 1980. Il faut faire évoluer les personnages dans les deux sens de façon cohérente. Le talent de Zidrou est de pouvoir retrouver dans un gamin de 9ans l’ado qu’il sera dans un tome suivant ou antérieur. Pour ma part, j’ai créé une image assez complète de tous les personnages principaux, la physionomie surtout. Il faut aussi créer un air de famille entre les parents et les enfants. Moi, par exemple, je ressemble très fort à mon père.»

C’est une série légère, mais qui n’évite pas des sujets durs comme la mort ou les problèmes de couple…

«C’est une série légère mais pas idiote. On parle de problèmes réels. Mais notre but est de donner de l’espoir et des raisons pour continuer à lutter et continuer à vivre.»

Le père de famille est un dessinateur de BD. Un cadeau que Zidrou vous a fait?

«On voulait absolument l’histoire d’une famille qui attend que le père finisse son travail pour partir en vacances. Cela vient d’une anecdote de Roba (le créateur de Boule et Bill, NDLR), je crois, qui voulait absolument finir ses planches avant de partir. On voulait aussi un mec qui ne connaît pas vraiment le succès mais qui y croit. C’est le charme de ce personnage extrêmement positif, même s’il a toutes les raisons de baisser les bras.»

Pour les Belges, il y a dans les «Beaux étés» une foule de souvenirs: passer la frontière et la bonhomie aléatoire des douaniers, quitter la Belgique pluvieuse pour la France ensoleillée. Homme du sud, vous retrouvez-vous dans cette «mythologie»?

«Je suis un vrai Barcelonais. De mon côté c’était à l’envers. Je passais mes vacances aussi mais en Europe. Nous visitions l’Italie, l’Allemagne, la France et même la Belgique et le Luxembourg. Je me souviens très bien de vivre l’aventure dans le nord. Quand j’avais 10-11 ans, j’avais une fascination pour l’Europe. Dans les années 80, la fin du franquisme n’était pas loin et l’évolution sociale n’était pas la même en Espagne que dans le reste de l’Europe. Aujourd’hui, ces différences sont moins visibles.»

Nicolas Naizy

De belles planches de Jordi Lafebre sont à découvrir à la rétrospective consacrée à Zidrou au Musée de la BD à Bruxelles.

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Les Beaux étés