Après l’Eurovision, Alma présente son premier album

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Ph. Arno Bani

Elle a représenté la France à l’Eurovision avec son «Requiem». Aujourd’hui, Alma sort son premier album. «Ma peau aime» enchaîne les chansons pop mais qui parfois sont plus graves qu’il n’y paraît. De la variété française avec une touche de modernité.

Dans ce premier album, que voulais-tu absolument dire au public?

«Je voulais me présenter. Sans parler trop de moi, je voulais toutefois parler de ma personnalité assez duale. Je suis femme et en même temps je suis homme. Je suis jeune, et en même temps je suis vieille. Dans mes chansons, je voulais faire ressortir une certaine pudeur. Je masque des choses. Une chanson pop et dynamique peut contenir un message de détresse. Sous des airs de comptine pour enfants, une autre parle des femmes battues. J’aime bien les contrastes et les surprises.»

«Requiem», «La chute est lente» ou encore «L’autre joug». Quand il s’agit de relations amoureuses, c’est rarement simple dans vos chansons…

«L’amour pour moi est quelque chose d’important. Ce n’est pas toujours simple mais on grandit à chaque relation. Ce sont des expériences dont on tire les conclusions. Il n’y a jamais de fin sure et certaine. C’est toujours en mouvement. Être en couple, c’est du travail. Rien n’est parfait. Et les femmes ne sont jamais contentes (rires).»

«L’amour fou» aborde un thème grave, celui de la violence dans le couple. Pourquoi avoir voulu parler de ce sujet avec un texte paradoxal?

«Je voulais justement mettre en exergue la dualité. Je n’ai jamais été une femme battue. Mais une personne dans la famille l’a été. Je n’ai jamais compris pourquoi elle n’était pas partie. C’est un thème qui me marque. Sans jugement, je me mets à la place de cette femme et je me rends compte que moi aussi je serais restée. Quand la première claque part, ce sont toujours les femmes qui se remettent en question parce que l’amour est là, comme une drogue. J’espère que cela sera bien compris. Je ne veux pas parler de la violence physique mais du vécu psychologique parce que c’est cela qui me sidère. J’ai envie d’aller toutes les chercher par la main pour les faire partir.»

Ph. Arno Bani

Ton parcours est assez particulier parce que tu t’es lancée dans la chanson après des études en commerce. Comment ça s’est passé?

«J’ai eu mon diplôme, mais j’ai tout lâché il y a cinq ans. Je suis venue vivre à Bruxelles, mes parents y vivaient. Ce fut une année de transition. Pendant des jours et des jours, j’ai écrit et composé des chansons en anglais. J’étais dans la phase d’apprentissage mais je faisais ce que j’aimais.»

Que t’a apporté ton pygmalion, Nazim Khaled, qui écrit pour Amir, Yannick Noah ou encore Kendji Girac?

«On s’est rencontré dans l’émission ‘Les chansons d’abord’ (une émission de Natasha St-Pier sur France 3 en 2013-2014, NDLR). Il a apporté des textes de dingue parce que je n’écrivais pas en français. Et puis, il sait faire vivre une chanson. Il prend sa guitare, il te fait la chanson parfaite d’un trait.»

Tu as terminé 12e à l’Eurovision. On t’a senti un peu déçue…

«Surtout juste après l’annonce des résultats. J’avais vécu un tel ascenseur émotionnel. Je ne suis pas du genre à me mettre la pression, jusqu’à la veille de l’émission. Mais j’ai pris un pied de dingue sur scène. Les votes commencent. Zéro point pendant tout un temps. Et enfin, les votes du public sont venus me sauver. Je garde toutefois un super souvenir. Aujourd’hui, je dois tout faire pour chanter mes autres chansons. Mon but est de pouvoir faire des dizaines d’albums!»»

Alma, «Ma peau aime» (Warner)

Nicolas Naizy