Incendie de forêt au Portugal: Les gendarmes mis en cause par la population au sujet de la « route de la mort »

AFP

Dans un Portugal bouleversé par l’immense incendie qui ravage le centre du pays, la polémique enflait mardi sur les circonstances de la mort d’une partie des 64 victimes à déplorer jusqu’ici.

Le feu est reparti brusquement dans l’après-midi dans la région de Pedrogao Grande, où il avait démarré samedi, forçant les autorités à évacuer 40 hameaux menacés par les flammes. L’incendie semblait néanmoins perdre en intensité dans la soirée, selon le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Jorge Gomes, faisant état de « pluies intenses à certains endroits ».

Dans cette région, environ 1.200 pompiers et 400 véhicules restaient mobilisés mardi soir. A Gois, où l’incendie a repris le plus de vigueur, 27 hameaux ont dû être évacués, dont une maison de retraite, ainsi que 13 autres à l’est de Pedrogao Grande. « Nous avons une situation grave, qui pourrait devenir gravissime », a déclaré la maire de Gois, Lurdes Castanheira, s’inquiétant du refus de certains habitants de quitter leurs maisons.

Controverse

Dans le même temps, la controverse montait autour des circonstances du drame sur la « route de la mort », la nationale 236 où 47 personnes sont mortes samedi, dont 30 piégées par le feu dans leurs voitures. Parmi elles, beaucoup de familles de retour de baignade dans une rivière.

Le Premier ministre Antonio Costa a réclamé des « éclaircissements rapides » à la gendarmerie, mise en cause par des rescapés qui ont affirmé que les gendarmes avaient eux-mêmes dirigé une partie des personnes en fuite vers cet axe en proie aux flammes.
« Quand nous sommes arrivés au niveau de l’IC8 (une voie express toute proche), les militaires ne nous ont pas laissé passer. Comme ils nous ont demandé de poursuivre notre chemin (vers la route 236), nous pensions que la route était sans danger, mais elle ne l’était pas », a déclaré Maria de Fatima, une survivante, sur une chaîne de télévision locale.

Les gendarmes devront expliquer « pourquoi la route nationale 236 n’a pas été fermée à la circulation », mais aussi si cette voie « a été indiquée par les autorités compétentes comme alternative à la route IC8 » qui était fermée, selon une circulaire signée par le chef du gouvernement.