Vitaa: «J’ai failli collaborer avec Drake»

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Ph. Vincent Binant

Après dix ans de carrière et de nombreuses collaborations à succès, Vitaa sort un nouvel opus au nom énigmatique de «J4M». Un cinquième album dont le premier single, co-écrit et co-composé avec Stromae, fait déjà beaucoup parler de lui.

Pourquoi ce nom «J4M»?

Vitaa: «C’est le symbole du dernier titre de l’album qui s’appelle ‘Just Me, Myself & Moi-Même’, dans lequel je décris la relation conflictuelle entre l’artiste et la femme que je suis. L’une se nourrit de l’autre mais quand je rentre chez moi j’aime bien laisser l’artiste à la porte et inversement.»

Dans vos remerciements, vous dites vous être «dépassée sur cet album».

«Ça a vraiment été une volonté de mise à nu, de renouveau musical. J’avais envie d’aller dans une recherche de sons plus profonds, plus modernes, plus pointus.

On m’a beaucoup mise dans la catégorie chanteuse de ballade, triste, torturée parce que j’ai eu un gros succès avec ‘À fleur de toi’.»

On retrouve quand même encore les thèmes de femme bafouée voire trompée.

«Pas trompée, mais femme inquiète, angoissée. J’ai mis longtemps à trouver la bonne personne et comme tous les couples, on traverse des hauts et des bas, on se pose des questions. Le rapport homme-femme c’est quelque chose d’inépuisable pour moi. Dans ‘Tu me laisseras’, ce sont vraiment mes angoisses quotidiennes de femme.»

Vous remerciez John Mamann (auteur-compositeur-interprète, NDLR) de vous avoir «redonné confiance». Après quatre albums et dix ans de carrière, vous doutiez encore?

«J’ai toujours été comme ça, je doute tout le temps. Je ne suis pas du tout sûre de moi. C’est un métier où on sent la compétition. On en parlait d’ailleurs avec Stromae en studio. Lui, il me disait qu’il était compétiteur à mort, moi pas du tout. J’ai appris à le masquer mais c’est vrai qu’à chaque album c’est une remise en question.»

Travailler avec un artiste comme Stromae ça redonne confiance?

«C’est clair que c’est toujours encourageant. C’est un artiste que j’aime beaucoup, que je respecte énormément et bien sûr que ça donne de la force, ça rassure.»

Vous vous connaissez depuis un certain déjà.

«On s’est connus en 2008-2009 sur des promos communes mais on s’étaient complètement perdus de vue. J’ai appris qu’il faisait beaucoup de compo dans l’ombre. Même si on m’avait plutôt découragé, je lui ai quand même écrit. Il m’a tout de suite dit qu’il avait envie de travailler avec moi. On s’est très vite retrouvés en studio pour réécrire ‘Peine & Pitié’ puis ‘Comme d’hab’. J’avais envie de faire encore plein de titres avec lui parce que musicalement on a une vraie affinité, on se comprend vraiment. Je sais que mon disque est génial et qu’il a amené une petite touche en plus.»

C’était également une nouveauté côté écriture.

«Oui, la co-écriture c’est un truc que j’ai appris sur cet album et que j’aimerais bien perpétuer. Avec Stromae c’était tellement fluide, il m’a dit que ça l’avait débloqué tout comme moi. Il a une façon d’écrire qui est un peu similaire à la mienne parce qu’il vient de la musique urbaine.

‘Comme d’hab’ a été écrit en même pas quelques heures comme ça a la guitare. Un vrai bonheur (rire).»

Diam’s, Sinik, Maître Gims… vous vous êtes toujours entourée des personnes les plus en vogue du moment. Concours de circonstance ou coup de foudre musical?

«Sincèrement, j’adore les collaborations. À chaque fois que j’appelle quelqu’un c’est un artiste sur lequel j’ai flashé. Lors de la collaboration avec Jul tout le monde me disait que n’avions rien à voir musicalement. C’était pareil pour Claudio Capéo. J’aime chercher des artistes qui sont loin de mon univers. Mais souvent quand je les approche, ils ont un peu peur parce que j’ai eu de gros succès dans le passé avec Sinik, Diam’s… Je l’ai senti avec certains dont je ne citerai pas le nom (rire).»

Y a-t-il un artiste avec qui vous rêveriez encore de collaborer ?

«J’aimerais beaucoup composer ou écrire avec Zazie, c’est une artiste que j’aime énormément. Je trouve qu’elle a une plume incroyable.»

Et outre-Atlantique?

«J’ai failli collaborer avec Drake. Il y avait un titre qu’il avait aimé mais les délais étaient malheureusement trop longs. J’étais dégoûtée parce que ça aurait été un titre dingue. J’aimerais beaucoup travailler avec un Américain, il y en a beaucoup que je vise. Ils viennent de plus en plus souvent en France donc ça arrivera peut-être, je l’espère.»

Vous êtes restée très proche de Diam’s. Vous arrive-t-il de lui demander son avis pour vos projets musicaux?

«Non, parce qu’elle est vraiment dans autre chose aujourd’hui. On est très amies et en tant que mamans, on partage essentiellement là-dessus.»