PHOTOS. La nature envoutante de Michel D’Oultremont

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Ph. Michel D'Oultremont

Les images du Michel D’Oultremont montrent une nature mystérieuse, envoutante. Rencontre avec un photographe qui connait aussi bien l’Ardenne que les confins du Grand Nord.

Photographier le monde animal est certainement l’un des exercices les plus difficiles pour tout photographe. «Les animaux nous repèrent souvent bien avant que nous ne soupçonnions leur présence», explique Michel D’Oultremont. Pour tromper leur vigilance, il n’y a qu’une seule solution : connaitre leurs habitudes, et faire preuve d’une immense patience.

« J’ai photographié cette mouette sur les falaises d’Ecosse. La tempête a fait rage pendant quatre jours. Je voulais montrer la force des éléments. »

Au travers de ses images aux lumières douces, ce photographe nous fait découvrir une nature mystérieuse. «La brume du matin à un côté magique. Elle créé des ambiances fantastiques», constate-t-il. Le spectacle se mérite. Il faut bien souvent partir au milieu de la nuit avant d’arriver dans un paysage enchanteur. L’adepte de ce genre de paysage doit passer des heures, sinon des jours, à se promener, par tous les temps. Il n’y a que comme cela qu’il peut trouver les sites qui deviendront magiques à l’aube ou au crépuscule.

« Je suis tombé sur ces hiboux un matin en Picardie. J’ai passé une semaine à les observer. Ici, ils se battent pour une souris. »

«Il faut de longues de marche avant de trouver l’endroit où l’on pourra réaliser une belle photo. Il faut ensuite attendre des heures, prendre des milliers de clichés, avant d’avoir celui où, par chance, un cerf ou un oiseau aura fait son apparition», révèle le photographe. Il lui faut en général 6.000 à 7.000 clichés pour en retenir une petite dizaine. «Les heures passées dans la nature, à observer, sont aussi l’occasion de connaitre et comprendre les animaux. C’est comme cela que je trouve le lieu d’où je pourrai, peut-être, prendre une belle photo. J’y vais progressivement. Swarovski Optik , une marque de jumelles, me prête du matériel. Cela me permet d’observer la zone de loin, de voir où vont les animaux. Ce premier repérage de la zone me permet ensuite de m’approcher progressivement, en me plaçant au mieux pour éviter que les animaux ne sentent ma présence à distance. C’est comme cela que je peux saisir les animaux sur le vif.»

« Chaque année, je passe un bon mois en forêt, lors de la saison du brame du cerf. Celui-ci est venu me saluer plusieurs fois. »

Les éclairages tout en douceur magnifient les nature et ceux qui l’habitent. Au point de faire des photos de Michel D’Oultremont de véritables concentrés de poésie. On ne saurait rendre meilleur hommage aux coins de natures qui nous entourent.

« Le cerf est un animal que j’aime photographier. Pendant que ses bois repoussent, il se sent particulièrement vulnérable. »
« J’ai immortalisé ces rennes en Norvège. Ils se déplacent beaucoup. Je les avais repérés de loin, à la jumelle, et je me suis approché petit à petit. »
« Sur cette vue, en Ardennes, la neige s’est plaquée à un arbre. Cela peut donner l’occasion de magnifiques jeux d’ombres, notamment avec cet oiseau noir. »
« Il m’a fallu du temps avant de trouver ce tétra lyre, en Suède. Une fois qu’on les connait, on les retrouve assez simplement. Ils paradent toujours aux mêmes endroits. Lors de cette semaine dans la nature enneigée, j’ai pris plus de 7.000 photos. »

 

Le livre « Rencontres », de Michel D’Oultremont, est disponible sur son site internet. 170 p, 40 €.