La permaculture, un nouvel atout sur le marché de l’emploi

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Photo: Pexels

Mode de vie ou simple technique de jardinage, la permaculture séduit un nombre croissant d’amateurs comme de professionnels. Convaincue de son potentiel sur le marché de l’emploi, la Haute école de la province de Liège (HEPL) formera dès la rentrée prochaine ses étudiants agronomes.

La permaculture, popularisée notamment par le film documentaire «Demain» réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, est à la mode. Les articles à son sujet se multiplient, les formations prolifèrent, si bien que la Haute école de la Province de Liège (HEPL) lance sur son campus de La Reid une formation en permaculture, intégrée au bachelier en agronomie. Une première en Belgique.

Se calquer sur la nature

Philosophie de vie ou technique de jardinage, les avis divergent selon que l’on est convaincu ou sceptique des vertus présumées de la permaculture. La permaculture observe la nature et calque son fonctionnement pour l’appliquer dans tout projet humain, afin qu’il soit durable et résilient, explique le coordinateur de cette nouvelle formation Jonathan Leruth.

La permaculture est «la conception consciente des activités humaines qui vise à mettre en place des projets humains calqués sur la nature, c’est-à-dire durables et résilients», explique Jonathan Leruth, coordinateur de la nouvelle formation de l’HEPL. Il s’agit d’observer la nature et d’appliquer sa manière de fonctionner aux systèmes humains. On va, par exemple, planter du basilic au pied d’un plant de tomates: les tomates donnent l’ombre nécessaire au basilic qui éloigne les insectes des tomates. Un échange de bons procédés, qui peut s’appliquer dans tous les domaines de la vie, affirment les adeptes de la permaculture.

Nouveaux débouchés

A la Haute école de la Province de Liège, on a tranché: «être formé en permaculture représentera un atout sur le marché de l’emploi», explique Mélanie Paparelli, responsable de la communication de l’HEPL. «Nous avons décidé de nous centrer sur la permaculture parce qu’à la différence de l’agroécologie ou de l’agriculture biologique, elle ne se focalise pas sur la production alimentaire. C’est plus vaste, c’est une grille proposée pour concevoir tout un système», explique Jonathan Leruth.

La prolifération des formations en permaculture s’explique également par la nécessité de posséder de la patience, de la rigueur et surtout de bonnes connaissances de la nature et de son fonctionnement.


Une éthique et des principes

La permaculture a pour feuille de route les respects de l’homme et la Terre et une répartition équitable des ressources (notamment la distribution du surplus). Elle est aussi pourvue de 12 principes, outils conceptuels qui permettent de «réinventer l’environnement et les comportements». Il s’agit notamment d’observer et interagir, de ne pas produire de déchets, d’intégrer plutôt que de séparer ou encore d’utiliser et valoriser la diversité.