La SNCB mène la guerre aux tags

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L’an dernier, la surface de tags nettoyée sur des trains a augmenté de 10,9%, à 116.000 m². Soit l’équivalent de 16 terrains de foot, qui ont dû être effacés dans des ateliers spécialisés.

«Chaque année, le nettoyage des tags sur les trains coute 3,1 millions €. C’est dommage, c’est une somme qui ne va pas au service des usagers», peste Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. Depuis une dizaine d’années, les surfaces taguées sur les trains n’ont cessé d’augmenter. «C’est une mode qui a commencé en Allemagne dans les années 80. Il est très difficile de lutter contre. Et c’est un peu comme le dopage. Dès que l’on trouve une technique pour limiter le problème, les tagueurs trouvent une solution pour aller plus loin.»

La SNCB regrette de voir consacrer plus de 3 millions € au nettoyage des tags, une somme qui pourrait être utilisée au service des usagers.

Atelier spécialisé de la SNCB

Protéger le matériel roulant est, de fait, très compliqué. Infrabel, le gestionnaire du réseau, ne peut pas fermer totalement l’accès aux voies. Le coût serait faramineux. Surtout, un tagueur qui veut franchir une barrière trouve toujours une solution. Il n’existe pas d’autre solution que de nettoyer les dégâts.

La SNCB tente d’effacer les tags le plus rapidement possible. D’abord parce que cela contribuer à améliorer le sentiment de sécurité. Mais aussi parce qu’un tag récent se nettoie plus facilement qu’un ancien.

Dix-huit postes d’entretiens sont répartis sur le territoire. Celui installé à Chatelet est l’un des mieux équipés. Ce matin, c‘est un tag de 9 m² qui occupe l’équipe de nettoyage. Un gel est appliqué, afin d’agir au mieux sur la peinture. «Ensuite, il n’y a qu’une seule solution : frotter» explique Pascal Marchal, responsable du nettoyage au poste d’entretien de Châtelet. Le travail est estimé à deux bonnes heures. «Mais quand c’est tout une voiture qui est taguée, il y en a parfois pour plusieurs jours de travail. C’est embêtant, car ça immobilise le matériel, et c’est pénalisant pour l’usager.»

Souci de l’environnement

Le site de Chatelet dispose désormais d’un poste de travail sous abris. Il permet d’effacer les tags même les jours de pluie et de grand froid, quand les écoulements d’eau et les basses températures empêchent les produits utilisés d’agir correctement. Cela a permis d’accélérer les opérations de nettoyage. La SNCB insiste sur l’importance qu’elle attache à faire rouler des trains propres, afin de renforcer le sentiment de sécurité des usagers.

Pas question que les produits s’écoulent dans le sol

Chaque année, 70.000 litres de produits sont utilisés pour le nettoyage. «Ce sont des produits certifiés, et on ne les utilise pas n’importe comment», souligne Elisa Roux, porte-parole de la SNCB. Le gel de nettoyage est, autant que possible, récupéré dans un seau. Au sol, un tapis récupère ce qui pourrait éventuellement couler. «Il n’est pas question que cela s’écoule dans le sol», ajoute Pascal Marchal. Le tapis, les outils utilisés, ainsi que les combinaisons de protection portées par le personnel sont ensuite traités par une société spécialisée.

 

De lourdes sanctions contre les tageurs

Les tagueurs identifiés par la police risquent des sévères amendes, voir même de la prison ferme. «L’an dernier, l’un d’eux a été condamné à verser 16.000€ de dommages et intérêts», souligne la SNCB. Chaque tag est répertorié par la compagnie ferroviaire, et photographié. Les tagueurs signant bien souvent leur travail, il est possible de retrouver d’anciens méfaits d’un coupable de flagrant délit. Si les sanctions sont lourdes pour ceux qui se font arrêter, elles ne permettent toutefois pas de couvrir les frais occasionnés par les dégâts.