Une marche et plusieurs initiatives lancées contre la venue de Donald Trump à Bruxelles

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Donald Trump à Bruxelles, les 24 et 25 mai. Une marche de protestation « Trump not Welcome » sera notamment organisée le 24 mai, dont le départ est fixé à 17h00 à la gare du Nord.

L’Otan, qui tiendra jeudi une « réunion spéciale » entre les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 (+1) pays de l’alliance, est également visée par les actions prévues.

Un petit groupe d’étudiants de Gand et Bruxelles notamment est à l’initiative de la marche « Trump not Welcome », à laquelle des milliers de personnes se sont déjà inscrites via le réseau social Facebook. « La réactivité a été très importante après la création de l’événement Facebook. On a eu le sentiment qu’il fallait faire quelque chose, que beaucoup de gens avaient été choqués par les propos de Donald Trump pendant toute la campagne », raconte Leila Lahssaini, qui fait partie de l’organisation.

Les étudiants ont donc contacté différentes organisations, qui sont à présent une septantaine à les soutenir et à appeler à la mobilisation, dont Oxfam Solidarité, le CNCD 11.11.11, Médecins du Monde, Tout autre chose, Greenpeace, mais aussi différents syndicats, Ecolo ou encore le PTB. Des départs collectifs seront d’ailleurs organisés des quatre coins de Bruxelles et du pays.

Amnesty International

Amnesty International a d’ores et déjà confirmé sa participation avec une centaine d’activistes habillés en Statue de la Liberté. La marche s’élancera pour dire « Non » à la politique de Donald Trump. « Ces derniers mois, le président des Etats-Unis a provoqué l’indignation dans le monde entier: il sème la discorde, nie le réchauffement climatique, intimide les médias, démantèle la solidarité », pointent les organisateurs. De l’interdiction de voyage, aux attaques aux droits des femmes, en passant par un projet de mur à la frontière mexicaine, le président Trump a décrété des mesures odieuses qui divisent. Nous serons présents en force pour envoyer un message clair de rejet de ces politiques de haine et de peur », souligne Iverna McGowan, directrice d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

Des discours sont prévus avant le début de la marche, par des organisations de femmes, des syndicats, mais aussi des activistes internationaux, issus du mouvement Standing Rock notamment, qui lutte contre la construction de l’oléoduc Dakota Access Pipeline sous la rivière Missouri. Les participants seront divisés en plusieurs groupes, en fonction de cinq thématiques comme l’attaque des droits sociaux, le climat, les droits des femmes ou le racisme, et sont invités à se munir de bannières en lien avec ces thèmes. Le cortège partira de la gare du Nord, passera par la place Sainctelette, Fedasil, la rue Dansaert, la Bourse et le boulevard Emile Jacqmain. Des concerts sont prévus à l’arrivée.

Appel au « pussy hat »

Les organisateurs, qui espèrent réunir 10.000 personnes, appellent aussi les participants à emporter avec eux des « pussy hat ». Ces chapeaux de chat roses sont devenus le symbole « anti-Trump » depuis la « marche de femmes », qui avait été organisée à Washington au lendemain de l’investiture de Donald Trump. Agir pour la paix, qui rejoindra également la marche du 24 mai, lance pour sa part plusieurs initiatives, mais vise plus spécifiquement l’Otan, « qui relance la course à l’armement, alors que nous pensons que cet argent devrait être consacré à trouver une solution aux questions sociales, migratoires et environnementales », souligne Jérôme Peraya, chargé de mission.

Plusieurs événements

La contestation « forte » sera tout de même dirigée contre le nouveau président américain, dont l’organisation déplore « l’attitude face aux migrants, aux personnes discriminées et à caractère sexiste ». En marge de la rencontre des chefs d’Etat membres de l’Alliance, un « contre-sommet » a été mis en place, qui englobe plusieurs événements. Un Peace Camp est tout d’abord organisé dès dimanche, jusqu’au vendredi 26 mai. L’objectif est de mettre à disposition des participants au contre-sommet, qui n’habiteraient par exemple pas Bruxelles, des logements pour la semaine et de leur proposer des activités. Les invités seront accueillis au Zinneke.

Les 6 et 13 mai derniers, un entraînement aux actions directes non-violentes, intitulé « Perturbons le sommet de l’Otan le 25 mai » a aussi été prodigué, en vue de planifier des actions la semaine prochaine à Bruxelles. L’association ne détaille toutefois pas ce qui est prévu. Enfin, un rassemblement pacifique est encore planifié le 25 mai, « au plus près de l’Otan, rue de la Fusée », dès 16h, précise Jérôme Peraya.

SOURCEBelga
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