Cette application répond à votre place lorsque vous conduisez

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Principales causes de mortalité sur les routes européennes, les smartphones et les objets connectés poursuivent leur expansion fulgurante. Avec l’app’ «In-Traffic Reply» qui délivre des réponses automatiques, Samsung entend pallier les risques du téléphone au volant.

Prévenir d’un retard, régler des détails professionnels ou tout simplement l’envie de converser… Les mauvaises habitudes liées à l’usage d’un smartphone à bord d’un véhicule persistent à l’heure où le tout-connecté s’accélère.

Dans sa récente enquête de mobilité, le fabricant électronique Samsung a sondé ses clients sur leurs comportements au volant. Et les résultats de l’étude sont probants puisqu’un Belge sur cinq avoue utiliser son smartphone aux commandes d’une voiture ou d’un vélo. Pour les deux types de véhicules, les hommes de moins de 30 ans sont particulièrement visés. Les automobilistes usent progressivement du kit mains libres (54%), les cyclistes sont plus imprudents puisque seuls 16% d’entre eux s’aident de tels dispositifs. Les plus imprudents qui n’utilisent pas ces systèmes se justifient par l’usage de smartphones lors d’arrêts dans la circulation.

Pour les conducteurs comme pour les cyclistes «qui n’ont parfois pas les mains libres», les téléphones sont brandis au volant ou au guidon principalement pour des appels et des interactions via messageries instantanées (74%). Des usages qui sont talonnés par les réseaux sociaux (39%) et l’envoi d’e-mails (29%).

Toujours au rayon «raisons», si les femmes y ont surtout recours pour des conversations privées (85% contre 73% pour les hommes), la gent masculine a essentiellement des contacts professionnels (11% contre 5%). Enfin, preuve du besoin d’immédiateté, quatre répondants sur dix concèdent même avoir recours à leur téléphone pour informer leur interlocuteur de leur position.

Une application au bout du fil

Pour pallier ces comportements dangereux «dont huit Belges sur dix ont conscience» et recentrer l’attention des conducteurs sur le trafic routier, l’opérateur Samsung lance la campagne de sensibilisation «Véhicule lancé, smartphone rangé» qui se cristallise également dans le lancement de la nouvelle application «IN Traffic Reply».

Photo Samsung

Une fois activée, l’application détecte les mouvements de l’utilisateur qui excède les 10 km/h et des réponses automatiques seront alors envoyées à toutes les sollicitations (appels, SMS, messageries instantanées, etc.) reçues pendant les trajets. SMS standard, message vocal, emoji… Les formes prises par ces réponses peuvent être multiples.

Après un projet pilote réussi aux Pays-Bas, l’application a été lancée dans d’autres pays européens, et notamment en Belgique où elle embrasse les volontés politiques nationales en matière de sécurité routière. Le ministre wallon Maxime Prévot a applaudi l’initiative qui gonfle la batterie de mesures technologiques déjà prises par la Région (programme «PEREX 4.0») qui entend réduire à 200 le nombre de victimes de la route d’ici 2020.

L’électronique au volant tue massivement

D’après un sondage réalisé par la Fondation Vinci Autoroutes dans onze pays européens, l’inattention causée par un smartphone ou un GPS est considérée comme la première cause d’accidents mortels. L’électronique au volant est en effet cité par 57% des 12.429 sondés, contre 56% pour l’alcool et les stupéfiants et 42% pour la vitesse excessive. Malgré cette prise de conscience du phénomène, les conducteurs européens ne changent pas pour autant leurs comportements à risques. Force est de constater qu’à l’échelle continentale, le fatalisme règne puisque 51% des Européens estiment qu’il sera difficile de faire baisser sensiblement le nombre de tués, la route étant «nécessairement dangereuse».

Gaëtan Gras

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