« L’interdiction des ordinateurs en cabine coûterait un milliard aux compagnies et passagers »

133
Pietro_Ballardini / IStock.com

A l’heure où des négociations se tiennent à Bruxelles concernant l’étendue de l’interdiction des ordinateurs et appareils électroniques en cabine, le secteur s’alarme, indiquant qu’une telle mesure pourrait coûter plus d’un milliard € aux compagnies aériennes et à leurs passagers.

En mars dernier, les autorités américaines avaient interdit aux passagers venant de huit pays arabes et de la Turquie de transporter en cabine ordinateurs portables, tablettes et autres appareils électroniques d’une taille supérieure à celle d’un téléphone portable. Désormais, cette mesure devrait « probablement être étendue » à l’Europe et à d’autres régions, selon David Lapan, le porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure (DHS).

Ce mercredi, la ministre adjointe du DHS, Elaine Duke, a entamé des pourparlers avec les partenaires européens sur  « l’ampleur et la portée » de cette interdiction et de ses conséquences.

Menace terroriste

Outres les potentielles explosions de batteries, des experts en sécurité pressent les autorités de « suivre la nature changeante des menaces terroristes » et pointent les possibles attaques informatiques ou les charges explosives dissimulables dans ces éléments électroniques.

« Combien de tentatives de détruire un avion commercial avons-nous vu -sous-vêtements piégés, utilisation de liquides, utilisation de cartouches (d’imprimante) », a énuméré Monsieur Lapan.

AFP / Yasser Al-Zayyat

Levée de boucliers du se secteur

Une telle interdiction concernant le Vieux continent pourrait coûter plus d’un milliard € aux compagnies aériennes et à leurs passagers, estime d’Alexandre de Juniac, le directeur de l’Association internationale du transport aérien (Iata), dans un entretien avec Bloomberg Television.

En cas d’interdiction, les voyageurs d’affaires ne seront pas en mesure de travailler lors de longs vols et l’ensemble des passagers seront contraints d’enregistrer un bagage en soute pour pouvoir emporter leurs appareils. Un service payant au sein de la plupart des compagnies aériennes. Celles-ci seront, quant à elles, confrontées à des durées d’enregistrement plus élevées et à de l’administration supplémentaire.

Trafic d’affaires perturbé

D’après le directeur de l’Iata, un élargissement de la mesure controversée à l’Europe constituerait aussi une barrière au trafic d’affaires entre les deux continents. Voyager avec un ordinateur portable fait partie du quotidien, indique-t-il.

Alexandre de Juniac préconise plutôt d’autres mesures de sécurité, comme des contrôles plus intensifs des bagages de cabine, notamment à l’aide de scanners et de chiens détecteurs d’explosifs. Il appelle en tous les cas les Etats-Unis et l’Europe à impliquer de près les compagnies aériennes dans les futures mesures.

Chaque semaine, plus de 2.500 vols relient le Vieux continent, la Suisse, la Norvège et l’Islande au pays de l’Oncle Sam. Une interdiction des ordinateurs coûterait 655 millions de dollars en perte de productivité, auxquels il faut ajouter 216 millions liés à la perte de temps et encore 195 autres pour l’utilisation d’autres appareils à bord. Certaines entreprises pourraient carrément choisir d’annuler leurs voyages transatlantiques.

3.250 vols hebdomadaires

Une interdiction américaine sur les ordinateurs portables pourrait semer la pagaille dans les aéroports européens, avec plus de 3.250 vols par semaine prévus cet été entre les pays de l’Union européenne et les États-Unis, selon des chiffres de l’industrie aérienne.