Le Liban organise sa première gay pride à Beyrouth

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Ph. JOSEPH EID / AFP

Beyrouth organise la première gay pride du Liban. Une gay pride sous tension dans un pays où l’homosexualité est encore condamnée.

Cette série d’événements a été lancée par un défilé de mode mixte « gender fluidity » dimanche dernier. Toute la semaine de nombreux événements appelants à la tolérance auront lieu dans les bars et boîtes de nuit de la ville.

Hadi Damien, initiateur de Beirut Pride, a déclaré à CNN que « la gay pride était le premier événement d’une semaine avec plus d’une douzaine d’événements. Cela résulte de nombreuses rencontres avec des organisations non gouvernementales, des artistes et des discothèques. Ils se sont unis pour aider à améliorer la visibilité des personnes LGBT à travers de multiples sites et publics. »

D’après Hadi Damien, « C’est une initiative qui veut dénoncer, dans le calme, toutes les sortes de haines et discriminations, et plus particulièrement les identités sexuelles ».

Une évolution des mentalités

Aujourd’hui, les mentalités libanaises commencent à évoluer. Récemment, la chaîne de restaurants Crepaway a représenté un couple lesbien dans sa publicité en ligne et télévisée. La chaîne a déclaré avoir réalisé ce spot « pour inclure les personnes que nous voyons partout autour de nous. Maintenant, nous réalisons de plus en plus combien cela a touché les personnes qui ont besoin d’attention et de respect », a déclaré le chef de la communication, Mario Thoumy, à CNN.

 

Une homosexualité condamnable

Au Liban, l’article 534 du Code pénal condamne les relations homosexuelles jugées « contre nature » par des peines sévères pouvant aller d’un mois d’emprisonnement et d’un million de livres libanaises d’amende.

Cependant, le 30 janvier dernier Rabin Maalouf, un juge de Metn, un quartier de Beyrouth a refusé de condamner deux hommes qui étaient entre autres suspectés d’homosexualité.

Encore de nombreux freins

Malgré ces ouvertures d’esprit, les communautés religieuses chrétiennes et musulmanes exercent des pressions sur les leaders des groupes LGBT. À  l’occasion de la gay pride, l’ONG ‘Proud Lebanon‘ a même été contrainte d’annuler un colloque qu’elle avait organisé. Après que les Oulémas aient menacé de créer une manifestation.