Un nouvel outil d’accompagnement pour les jeunes conducteurs

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AFP / J.-F. Monier

On a constaté ces dernières années une nette baisse des accidents impliquant de jeunes conducteurs. Cela n’empêche pas l’IBSR de prévoir un accompagnement modernisé pour les apprentis automobilistes dès leurs premiers kilomètres.

L’application pour smartphone est à la mode dans le secteur de la mobilité. Hier, l’Institut belge pour la Sécurité routière (IBSR) a présenté sa plate-forme Smart Drivers destinée aux jeunes conducteurs.Les statistiques par rapport à ce public-cible sont pourtant optimistes.

Des jeunes conducteurs de plus en plus prudents

Le nombre d’accidents impliquant de jeunes conducteurs de 18 à 24 ans a baissé de 34% ces 10 dernières années. «C’est plus que la moyenne (19%) des autres tranches d’âge», détaille Benoît Godart, porte-parole de l’IBSR. «Mais les chiffres absolus restent importants en Belgique par rapport aux autres pays européens.»

Dans une enquête menée auprès de 400 jeunes, on remarque que les jeunes automobilistes ont besoin d’être rassurés, et ce, dès leur apprentissage. Six jeunes sur dix disent avoir particulièrement peur de l’examen pratique de conduite. L’œil attentif de l’examinateur serait particulièrement source de crainte. Une fois le permis décroché, ce serait le stationnement en créneau qui serait la manœuvre la plus délicate. Les conducteurs en herbe disent également avoir particulièrement du mal à être attentif à toute la signalisation sur les à-côtés de la route.

Accompagner

Ph. IBSR

En exprimant ces difficultés et ces craintes, les 18-24 ans prouvent qu’ils manquent d’assurance sur la route, même si les jeunes hommes se disent bon conducteur après 1.000 kilomètres. La plate-forme en ligne www.smartdrivers.be lancée hier en collaboration avec plusieurs partenaires a justement pour but de fournir un accompagnement spécifique à celles et ceux qui se préparent à l’examen, amis aussi aux débutants. Une application sur smartphone permet de littéralement scanner leurs trajets par suivi GPS et d’en analyser le déroulé (vitesse, freinage…). Le jeune pourra ainsi évaluer sa conduite et le cas échéant corriger son comportement.

«Il ne suffit pas d’avoir réussi son examen pour être un bon conducteur»

Belga / B. Doppagne

Pour le porte-parole de l’IBSR Benoît Godart, acquérir les bons réflexes de conduite nécessite quelques kilomètres d’expérience.

Quelles sont les principales causes des accidents impliquant des jeunes conducteur?

«La vitesse et la fatigue. Mais c’est aussi la distraction qui cause souvent des accidents. On le voit dans notre enquête: 21% des jeunes conducteurs disent qu’il est très difficile de ne pas être tenté de téléphoner quand on est au volent. C’est là un point essentiel. En ce qui concerne l’alcool, c’est un problème beaucoup plus récurrents chez les 40 ans et plus. Les campagnes Bob sont plutôt efficaces chez les jeunes.

A-t-on observé une évolution dans la mobilité des jeunes qui explique la baisse des accident?

«La voiture n’est plus forcément le mode de transport le plus privilégié sauf s’il est nécessaire lors du premier emploi. on remarque d’ailleurs que l’on passe son examen de conduite beaucoup plus tard. En ce qui concerne la chute des accidents le week-ends, les modes de sortie on aussi changé. Les jeunes préfèrent des endroits plus proches de chez eux et plus confinés. Les grosses discothèques n’ont plus forcément la cote. Cela occasionne moins de problème pour les retours de soirée.»

Quel message lancez-vous avec cette campagne ?

« Il ne suffit pas d’avoir réussi son examen pour être un bon conducteur. Les techniques du regard et l’évaluation des risques s’acquièrent sur le terrain. Il est nécessaire de rouler un maximum pour pouvoir être un conducteur responsable. C’est pourquoi nous avons lancé cet accompagnement sur le long terme avec le projet ‘Smart Drivers’.»

 

Nicolas Naizy

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