Cirque du Soleil: Dans les coulisses du spectacle « Totem »

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Ph. D.R

55 artistes de 23 nationalités différentes composent la troupe de « Totem , le spectacle imaginé par Robert Lepage pour le Cirque du Soleil. Sept ans après son lancement, et 2.300 représentations plus tard, ils poseront bientôt leurs valises à Bruxelles afin de faire découvrir au public belge leur vision de l’évolution humaine. Juste avant son arrivée fin août 2017, Metro s’est rendu au Japon pour découvrir les coulisses de ce show époustouflant.

Ce spectacle innove, aussi bien du point de vue technique que dans le choix des thèmes abordés puisque malgré ses origines québécoises, le plus grand cirque du monde aborde pour la première fois celui des Première Nations. « Nous avons un chanteur de Wendake [réserve indienne huronne-wendate du Québec, NDLR] et deux danseurs américains amérindiens de deux tribus différentes. Ils font une sorte de danse traditionnelle qui normalement se présente dans les pow-wow, les cérémonies et les célébrations. Elle a été adaptée pour la scène afin de l’ouvrir au grand public », comme explique Neelanthi Vadivel, directrice artistique de Totem.

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Des références amérindiennes qui ont néanmoins nécessité l’approbation du conseil de la tribu de Wendake. « Les Amérindiens n’ont pas toujours été bien représentés sur scène donc il y a beaucoup de stéréotypes et ça peut être blessant. On a donc vraiment essayé de rester très respectueux dans le processus », ajoute-t-elle.

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Plein les yeux

Outre la symbolique carapace de tortue, élément scénique phare du spectacle sur laquelle les artistes « grenouilles » exercent leurs acrobaties, ou encore le moment durant lequel le duo composé de Marie-Christine Fournier et Louis-David Simoneau défie l’apesanteur sur leur trapèze fixe, un autre numéro se démarque tout particulièrement.

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Évoquant une cérémonie nuptiale amérindienne, Massimo Medini et Denise Garcia-Sorta se laissent porter à une vitesse folle sur leurs patins à roulettes. « C’est un numéro qui se fait ailleurs mais notre couple le fait sur une surface beaucoup plus petite et complètement plat ».
La responsabilité de Neelanthi Vadivel est de veiller à ce que le spectacle reste fidèle à l’esprit voulu par son directeur créatif, Robert Lepage. Certains numéros peuvent toutefois évoluer : « Il peut y avoir des avancées technologiques qui font qu’on l’améliore », tient-elle à préciser.

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Révolution technologique

Premier spectacle hybride du Cirque du Soleil, « Totem » peut être présenté à la fois en amphithéâtre et sous chapiteau sans aucune modification majeure au niveau de la technique. Utilisé lors de sa tournée au Japon, son Fuji Dome peut se vanter de posséder une structure autoportante afin de s’adapter aux risques de tremblements de terre et de vents violents. Ces mesures de sécurité sont extrêmement importantes pour les artistes, comme veiller à maintenir une température et un taux d’humidité stable à l’intérieur de la tente.

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Du côté du show à proprement dit, un autre système fait parler de lui. Employée pour la première fois dans un spectacle sous chapiteau, la technologie laser permet de créer un noir, autrefois réalisé par l’absence de lumière, permettant ainsi une profondeur de l’image cent fois supérieur. « Sur ‘Totem’ on a la chance d’avoir un système hyper performant qui nous permet d’avoir des projections en haute définition et interactives. Ce sont les projecteurs qui vont s’adapter aux mouvements de l’artiste et produire, par exemple, des ondulations dans l’eau uniquement aux endroits où les artistes seront positionnés », comme nous l’explique Jean-Sébastien Gagnon, assistant directeur technique de Totem. Autre particularité du spectacle, l’utilisation de canaux téléguidés par les artistes qui se trouvent à l’intérieur.

Une logistique millimétrée

Pour jongler entre organisation technique et scénique, Totem nécessite une organisation quasi militaire notamment au sein de sa logistique. Afin de voyager d’un pays à un autre, chaque accessoire de la tournée doit posséder une sorte de passeport reprenant son historique douanière ainsi que son numéro de série ou encore sa description. « C’est une très très grosse logistique à laquelle on travaille depuis déjà quatre à cinq mois pour quitter le Japon », rajoute Jean-Sébastien Gagnon.
Un déplacement qui ne risquera pas de passer inaperçu puisque d’une ville à l’autre « 24 immenses semi-remorques » sont nécessaires pour transporter le contenu du spectacle (une soixantaine avec le chapiteau et l’infrastructure). Pour se rendre à Sotchi, en Russie, avant de rejoindre la Belgique, c’est dans les airs que voyagera le matériel avec la réservation complète de deux Boeing 747…

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« Un autre grand défi des spectacles comme le nôtre qui voyage à travers le monde c’est que l’on doit s’adapter aux législations de chacun des territoires sur lesquels on passe », rappelle Jean-Sébastien Gagnon. « Il y a énormément de règles mais on essaie de limiter notre impact au niveau de l’environnement. C’est un combat extrêmement difficile dans la mesure où l’on doit monter et démonter rapidement. Mais il y a des milieux comme à Melbourne, où on a réussi à rediriger 14 tonnes de matière déchet, qu’on aurait normalement envoyées à l’enfouissement, vers les écoles, les églises ou des artistes locaux ».

Anecdotes du spectacle
• 750 costumes et accessoires sont utilisés pour le spectacle Totem. Trois employés permanents sont chargés de leur gestion, de la réparation ou encore de l’aide au lavage. Chaque artiste possède deux costumes, confectionnés sur-mesure grâce à un scanner. Leur durée de vie est de six mois.

Ph. Laura Sengler

• Les artistes suivent une formation afin de réaliser eux-mêmes leur maquillage avant de monter sur scène. Ceux des amphibiens sont réalisés à l’aide d’une peinture en spray appliquée grâce à un pochoir sur le visage.

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• Les artistes ont en permanence accès à une cuisine où 250 repas sont servis chaque jour par trois chefs permanents et un manager.

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• Le nombre de représentations et les horaires changent selon le marché. Ils seront donc différents au Japon, dix spectacles par semaine dont un à 12h puis 16h, de l’Europe au nombre de huit par semaine réalisés en soirée.

 

«Totem» sera à Brussels Expo du 31 août au 8 octobre. Réservations sur www.cirquedusoleil.com/fr/totem

SOURCELaura Sengler
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