Au Botanique, les Nuits seront douces et sauvages

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Ph. D. R.

C’est le crooner belge Daan qui ouvre, ce jeudi, le bal sous le chapiteau des Nuits Botanique. Une foire aux découvertes qui ne fait que commencer et dont on pourra profiter jusqu’au 24 mai dans près de cinq salles.

C’est en effet la dernière année que le Botanique pourra profiter du Cirque Royal. On connaît en effet l’étrange charivari qui a opposé le Bota et la Ville de Bruxelles. Cette dernière ayant repris son bien, il ne restera dès lors plus que le Chapiteau, l’Orangerie, la Rotonde et le Grand salon de concert pour les prochaines éditions. « Guidée par la seule pulsion de domination d’un secteur, celui du divertissement, et d’exercice d’un pouvoir arbitraire et abusif, cette décision ne prend pas en considération l’intérêt de la salle, de son personnel, ni de son public », a estimé Annie Valentini, directrice générale. Ambiance…

Mais l’heure est encore à la musique, et la version 2017 nous propose une pléthore d’artistes plus ou moins connus. Environ 130 concerts sont en effet annoncés

Parmi les créations des Nuits 2017, « The Water Weel » du compositeur libanais Bachar Mar-Khalifé rendra hommage au chanteur Hamza El Din, et « Minute Bodies » du groupe anglais Tindersticks –des habitués du lieu- livrera une musique composée pour accompagner les images du naturaliste et documentariste Frank Percy Smith, pionnier de la macrophotographie. En résidence au Bota, la belgo-haïtienne Christa Jérôme intégrera à son répertoire soul des consonances classiques avec des violonistes, une violoncelliste, le chef d’orchestre Jean-Paul Dessy ainsi que l’arrangeur Nicolas Vandooren. Des titres jazz écrits avec Marc Moulin seront également distillés dans son projet. La compositrice belge An Pierlé amènera le 23 mai les Nuits à l’é11glise Notre-Dame de Laeken, où l’artiste fera résonner les grands orgues pour une expérience sensorielle et originale. Le 21 mai au Cirque Royal, Arno, Girls in Hawaii, Mélanie De Biasio et l’ensemble Musiques nouvelles présenteront 5 morceaux arrangés par Stéphane Colin. Le festival se clôturera avec une création du ‘pape’de la musique minimale américaine Terry Riley et de son fils Gyan.

Cinq ‘Nuits’ coups de cœur

 

N’TO – Ph. D. R.

Il n’existe que depuis 2014 mais le label français de musique électronique Hungry Music est déjà taxé de « mythique » par le Bota. C’est peut-être aller vite en besogne, mais ils n’en prennent pas moins d’assaut le chapiteau ce vendredi 12 mai. On y entendra l’hypnotisant Worakls Band, l’inventif N’TO qui puise son inspiration dans bien des courants musicaux, l’électro mélodique de Joachim Pastor, et enfin la deep house du belge Stereoclip.

Fishbach – Ph. D. R.

Dimanche 14 mai, entre les Tindersticks au Cirque Royal et Hercule & Love Affair sous chapiteau se glissera, à l’Orangerie, la nouvelle petite sensation française Fishbach, une chanteuse à la voix androgyne et qui réinvente à sa manière certains aspects des années 80. Une sorte de ‘revival’ sans passéisme. Elle sera précédée sur scène par les Tournaisiens de Wuman, ainsi que la désinvolte Cléa Vincent.

 

Asgeir – Ph. D. R.

Il sera énormément question d’atmosphères le mardi 16 mai prochain au Cirque Royal. En tête d’affiche, on y retrouvera les envolées lyrico-mélancolico-mélodico-folk d’Asgeir. On dit des vikings qu’ils étaient des gens rugueux, mais l’Islandais viendra faire mentir cette image. Il sera précédé par une découverte belge, Halehan, et sa musique toute en préciosité. La soirée débutera néanmoins par le son plus rugueux et iconoclaste de la Suédoise Shitkid.

Sleaford Mods – Ph. D. R.

Mardi 16 mai, ce sera ‘Bienvenue dans l’Angleterre profonde’, dans le ‘Made in Britain’ bien tranché ! Sleaford Mods n’est plus trop à présenter, ce duo de Nottingham nous balancent des textes sous étiquette ‘Parental Advisory’, sur des sonorités aux confluences entre hip hop, spoken word et post-punk. Powell, de son côté nous balancera une techno sans trop de concession, mais on attend surtout la venue du très jeune quintet punk-rock Shame dont on devrait voir grossir le nom dans les prochains mois.

Angel Olsen – Ph. D. R.

Après les tréfonds de la Grande-Bretagne viendront ceux de l’Amérique, celle du nord, de cette middle class à la ‘Stranger Things’. Entre country, folk et rock, Angel Olsen viendra faire vibrer la Chapiteau le mardi 17 mai de sa voix souvent en suspension, mais qui s’échappe de plus en plus de la simple mélancolie pour aller vers un son plus dur. On attendra également beaucoup de l’indie-rock de Tim Darcy et de son allure de dandy, et du ‘so’ folk Ryley Walker dont les goûts pour Tim Buckley et Nick Drake tiendraient presque du fétichisme.

Pierre Jacobs

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