Une étude affirme (enfin) que les mannequins des magasins de vêtements ont des corps irréalistes

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Des chercheurs britanniques ont voulu analyser la physionomie des mannequins en plastique. Résultat : 100% des mannequins ont des corps plus minces que la moyenne des femmes et ne correspondent donc pas à la réalité.

Eric Robinson, professeur à l’université de Liverpool, a voulu analyser les mensurations des mannequins de Liverpool et Coventry au Royaume-Uni. Au final, il déclare dans son étude « Journal of Eating Disorders » ne pas avoir trouvé un seul corps normal chez les mannequins féminins en vitrine.

Une représentation malsaine et ancienne du corps

Pour Eric Robinson, « la taille moyenne du mannequin féminin représente une femme en sous-poids avec une taille insuffisante au reste du corps ».

« La taille des mannequins utilisées dans la mode féminine est irréaliste et médicalement malsaine chez les humains ». Et cela est très préoccupant, « car cela favorise des idéaux corporels irréalistes ». 

Une étude de 1992 avait déjà été réalisée à ce sujet, elle analysait les mannequins femmes des vitrines des années 1930 jusqu’à 1960. Et le résultat était effrayant, « de vraies femmes ayant la même taille que ces mannequins seraient si maigres qu’elles seraient incapables d’avoir leurs règles. »

Les hommes sont aussi touchés

Les chercheurs se sont aussi intéressés aux mannequins vestimentaires masculins et seulement 8% seraient trop maigres. Par contre, l’étude révèle que pour compenser « ceux-ci seraient anormalement musclés ».

Ph. AFP PHOTO / TREVOR COLLENS

Une expérience difficilement réalisable

Mais l’expérience n’a pas été facile à réaliser. En effet, aucun magasin n’a accepté que les chercheurs prennent les mesures des mannequins en plastique. Comme l’explique Eric Robinson, « c’était notre intention originelle de collecter des mesures anthropométriques de mannequins. Cependant, nous avons contacté tous les détaillants admissibles dans les deux sites d’enquête et aucun détaillant n’a autorisé de prendre des mesures anthropométriques. Nous avons donc utilisé des échelles d’évaluation visuelle pour évaluer la taille du corps du mannequin ».

Une lutte contre cette « idéalisation » du corps

Eric Robinson a confié à la BBC, « il y a des preuves évidentes faisant le lien entre cet idéal ultra-maigre et le développement de troubles mentaux et de troubles du comportement alimentaire ». Et ces réactions ne concernent pas seulement les femmes, « de la même manière, l’exposition à un idéal musculaire inatteignable peut favoriser le développement de complexes physiques chez les hommes. »

Aujourd’hui de nombreux comptes Instagram et hashtags existent pour montrer des corps au naturel. Par exemple, l’initiative BeYourOwnMannequin avec le #DontCompareMeToPlastic où des femmes se placent devant les boutiques pour dénoncer les « faux corps » en plastique.