KFDA : le printemps des sens abat les frontières

On traversera le pont une fois rendus à la rivière - Ph. Simon Gosselin / L'Amicale de Production

Pour son édition 2017 qui démarre ce soir, le KunstenFestivaldesArts promet de faire fi des frontières entre les arts et entre les êtres.

Exceptionnel point d’orgue à une saison culturelle riche à Bruxelles, le KFDA composer son programme cosmopolite de spectacles de théâtre et de danse, d’expositions et de performances. L’époque particulièrement fournie en populismes et en appel au repli sur soi ont motivé Christophe Slagmuylder et son équipe à convoquer des artistes qui provoquent l’interaction sensorielle, visuelle, sonore et tactile.

Martin Kippenberger, ‘Bath%2c’, 1988 – © Estate of Martin Kippenberger, Galerie Gisela Capitain, Cologne

C’est avec un « Musée absent » qu’il s’ouvre au Wiels à Forest. Pour son dixième anniversaire, le musée d’art contemporain, sans collection, a souhaité questionner la place d’un musée d’art contemporain en ville aujourd’hui. Une question qui taraude la région depuis de nombreuses années au niveau politique. Quarante-sept artistes participent à la réflexion.

« Rêve et folie » de Claude Régy

Ce ne sera qu’un point de départ vers d’autres propositions réparties dans la ville. Au rang des noms connus, le vénérable metteur en scène Claude Régy (94 ans) et son esthétique minimaliste naviguent entre « Rêve et folie ». Récemment nommé directeur artistique au NTGent, le Suisse Milo Rau tresse les tragédies antiques au destin des migrants (« Empire »). En danse on attend beaucoup de la version des Bacchantes de Marlene Monteiro Freitas, mais aussi d’« Autoctonos » de la Bruxelloise d’origine argentine Ayelen Parolin. Antoine Defoort, Transquinquennal, Azade Shahmiri sont aussi les noms à retenir de cette prometteuse cuvée 2017. Si la programmation peut s’avérer par moments très pointue, spectacles et installations ne cessent de titiller notre curiosité. Laissons-nous tenter !

Du 5 au 27 mai dans toute la ville. Le centre du festival est installé cette année au Palais de la Dynastie au Mont des Arts.

 Nicolas Naizy