Sorties cinéma: « Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2 », « The Last Face », « La colère d’un homme patient » (Tarde para la ira)

688
©Marvel Studios 2017

‘The Last Face’

Dès la première image, le ton est donné : « « La violence de la guerre n’est comparable [pour les Occidentaux] qu’à la brutalité des rapports entre un homme et une femme qui s’aiment d’un amour impossible. » Le reste du film est tout aussi maladroit et grandiloquent. Le reste du film, c’est l’histoire d’amour impossible entre Wren (Charlize Theron, à l’époque compagne de Sean Penn), directrice d’une ONG humanitaire, et de Miguel (Javier Bardem, ténébreux), chirurgien et humanitaire lui aussi, sur fond de conflit au Liberia. S’ils sont d’accord que la guerre, c’est mal (Wren le dit toutes les dix minutes), les amoureux n’ont pas le même point de vue sur la politique à mener pour gérer le conflit. (Mais Miguel couche aussi avec la cousine de Wren qui a le SIDA -Adèle Exarchopoulos, deux minutes à l’écran- donc Wren est pas contente). Le message humaniste est honorable, mais on le perd vite de vue, entre les scènes d’amour glamour et les scènes de violence brute. On parle de guerre en Afrique, mais au final on voit surtout les ‘soucis’ des Blancs privilégiés, les Noirs étant relégués aux seconds rôles. Ironique pour un film qui veut dénoncer l’indifférence occidentale. Filmé avec l’esthétique d’une pub Dior, le tout est noyé dans une musique sur-omniprésente (signée Hans Zimmer), sans parler des acteurs sacrifiés (Jean Reno et Jared Harris se partagent deux répliques). Bref, un ratage complet. (em) 0/5

‘La colère d’un homme patient’ (Tarde para la ira)

Œil pour œil, dent pour dent. Pas besoin d’être un fervent défenseur de l’Ancien Testament pour approuver spontanément la célèbre citation. Cela explique entre autres pourquoi les histoires de vengeance sont tant appréciées. Il est vrai que cela fait un bien fou de voir un personnage principal torturé régler ses comptes avec le méchant qui lui a fait tant de mal. Dans la vraie vie cependant, la vengeance ne doit pas être aussi simple que le laisse croire le cinéma. Et c’est exactement là où brille ‘La colère d’un homme patient’. La raison pour laquelle le personnage en question veut se venger, je ne l’aborderai pas, car il est préférable que vous reconstituiez vous-même le puzzle. Tout tourne, en tous les cas, autour d’un braquage raté, qui est aussi la scène d’ouverture du film. Le grand atout du film, et une des raisons pour laquelle le premier film réalisé par l’acteur espagnol Raúl Arévalo se distingue, c’est qu’il évite toute scène sanglante stylée, façon Tarantino. ‘La colère d’un homme patient’ part d’abord en quête de l’effet dévastateur d’un esprit de vengeance. Arévalo laisse aussi une place à un humour burlesque et corrosif, mais la sombre conclusion finale, c’est que si le personnage principal parvient à ses fins ou pas, cela ne change rien. Le mal est déjà fait depuis longtemps. Paralysant. (rn) 4/5

‘Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2’

N’y allons pas par quatre chemins: les inconditionnels de l’univers Marvel qui ne se lassent jamais des aventures boostées numériquement qui sortent de cette écurie tous les x mois, seront satisfaits de ce ‘Gardiens de la Galaxie, Vol. 2’. La deuxième aventure de la joyeuse bande de bandits intergalactiques poursuit à première vue sur son élan. Le film est toujours flamboyant, aligne tout comme la dernière fois une collection complète de classiques des années 70 et 80 sur sa bande originale et vous réserve quelques excellentes trouvailles comiques (David Hasselhoff, Groot bébé). Le casting en outre n’a encore rien perdu de son charme. Mais si vous prenez un peu de recul, force est de constater que c’est une énième variation sur un thème que vous êtes en train de regarder. Les héros combattent un adversaire qui symbolise leurs émotions profondes (dans ce cas-ci — bâillement — leur quête de famille), les scènes d’action s’enchaînent pour finir en grand spectacle et, entre-temps, vous avez droit à quelques petits dialogues sentimentaux. Et, durant le générique de fin, cinq (5!) scènes supplémentaires vous attendent. Pouvons-nous attendre encore mieux de Marvel? Je ne le pense pas. (rn) 2/5

 

SHARE