La voiture, reine des navetteurs

Belga / D. Waem

Vantée pour son confort et la flexibilité qu’elle procure, la voiture reste le moyen de transport privilégié des navetteurs belges, d’après la dernière enquête de satisfaction de Test-Achats.

Véritable casse-tête organisationnel, le transport domicile-travail est une équation compliquée au cœur de tous les foyers. Afin d’en connaître les différents paramètres, l’association de défense des consommateurs a sondé 1.600 Belges âgés de 20 à 60 ans et les résultats sont sans appel: 75% des navetteurs interrogés prennent leur voiture pour atteindre leur lieu de travail quand un peu plus de la moitié d’entre eux considèrent la voiture comme leur principal moyen de transport.

Le confort crucial

D’après Test-Achats, les bouchons qui s’accumulent chaque dans le plat pays atteignent en moyenne les 121 kilomètres journaliers. Les files se sont donc allongées de 16 km par rapport à l’année précédente. Mais les adeptes des quatre roues n’en ont cure, évoquant cinq raisons de prendre leur véhicule. Parfois légitimes, parfois illusoires, dans tous les cas à nuancer (cfr encadré). Il en ressort que les Belges privilégient leur voiture en raison de leur confort, quitte à sacrifier du temps ou de l’argent dans leurs trajets.

Les navetteurs belges sont toutefois enclins à limiter leurs kilomètres au volant: horaire de travail flexible, indemnité pour l’utilisation de vélos, des facilités pour les cyclistes, le remboursement des abonnements des transports, télétravail, covoiturage… le travailleur belge regorge d’inventivité et de solutions pour circonscrire l’usage de son véhicule.

Ode à la multimodalité

À l’heure où la Belgique est régulièrement critiquée pour ses problèmes de mobilité, Test-Achats lance quelques propositions afin de fluidifier le trafic. L’organisation de protection des consommateurs préconise notamment d’étendre le «Pendelfonds» de la Région flamande (fonds des navetteurs qui subventionne les déplacements durables entre le domicile et le travail). Pour l’instant réservé aux firmes présentes dans les communes «sensibles aux files», ce fonds «devrait s’appliquer à toutes les communes flamandes, voire de Belgique car ce ne sont pas ces communes qui sont responsables de l’afflux de véhicules».

Test-Achats insiste sur la nécessité d’investir dans des transports alternatifs, seule véritable condition pour désengorger nos grandes villes. Outre «l’instauration d’un budget mobilité général» qui, d’après les projections, pousserait davantage de Belges à opter pour les transports publics (moins chers) puisqu’ils pourraient garder le solde du budget sur leur compte», l’association recommande surtout une meilleure collaboration entre les entités fédérales (SNCB) et régionales (Stib, TEC, De LIJN) afin d’améliorer le système de correspondances. «Pour l’instant, la SNCB dicte ses horaires et les autres services doivent s’adapter au détriment des utilisateurs», regrette Sebastian Stevering, l’un des auteurs de l’enquête qui plaide pour l’instauration d’abonnements multimodaux.

Infographie METRO
Source: Test-Achats

Sous le capot des arguments

Les 1.600 navetteurs belges âgés de 20 à 60 ans, ont justifié leurs choix. Certaines raisons sont légitimes, d’autres ne tiennent pas la route.

1. La rapidité. Vrai et Faux

Sur moins de 10km, la voiture et le vélo -pourtant considéré comme lent- affichent la même efficacité. Les cyclistes avalent en moyenne les kilomètres en 17 minutes, contre 15 pour les quatre roues. Entre 10 et 30km, l’efficacité des voitures (26 min) serait similaire à celle des transports en communs (30). La véritable satisfaction concerne les longues distances même si sur ce point, les motos lui volent la vedette.

2. La commodité. Vrai

La voiture est appréciée pour la flexibilité de ses déplacements qui autorisent de nombreux arrêts. Les transports en commun sont en outre pointés du doigt pour leur manque de ponctualité. Parmi leurs usagers, les trains obtiennent la note la plus faible, talonnés dans l’ordre par les métros/trams et les bus.

3. Le confort. Vrai

Choix de la musique, siège personnel, préservation de la vie privée, ne pas subir les comportements des «autres»… Le confort des voitures est brandi comme le principal argument de satisfaction.

4. Le coût. Faux

Sans surprise, le vélo prend de court les autres types de véhicules. Les usagers des transports publics justifient leurs choix pour le prix même si, dans la réalité, ils ne sont pas satisfaits des prix exercés, surtout lorsque ces frais d’abonnements ne leur sont pas remboursés. Les utilisateurs de voitures et de motos ne rechignent pas à débourser de l’argent pour car ils en ont généralement les moyens. «D’autant que de nombreux Belges possèdent une voiture de société assortie d’une carte essence», note Test-Achats. D’après les calculs du Consumentenbond (pendant hollandais de Test-Achats), rien que les dépenses imprévues liées aux voitures (taxe de route, le petit entretien et l’assurance,etc.) avoisinent 540€ / an pour un véhicule compact.

5. La sécurité. Faux.

Huit Belges sur dix pensent que la voiture est le moyen le plus sûr tandis que les motards et les cyclistes allouent un 6 sur 10 à leurs moyens de transport. Ce sentiment général est fidèle aux chiffres de mortalité de la sécurité routière car si, en chiffres absolus, le nombre de passagers de voitures qui perdent la vie dans le trafic est le plus élevé, proportionnellement, le risque est plus élevé chez les motards et les cyclistes. Pourtant, les chiffres sont clairs: les transports en commun apparaissent comme les types de transport les plus sûrs.

Gaëtan Gras