Une journée de commémoration pour le génocide arménien organisée à Bruxelles

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Une journée de commémoration du génocide arménien s’est ouverte lundi à 11h00 à l’église apostolique arménienne Sainte-Marie-Madeleine située à Ixelles. Les participants ont ensuite marché jusqu’au monument commémoratif dédié au génocide des Arméniens, toujours à Ixelles, où une cérémonie a été organisée. Dans l’après-midi, près de 500 personnes selon les organisateurs, 350 selon la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, se sont rejointes pour manifester devant l’ambassade de Turquie, rue Montoyer, afin d’appeler à la reconnaissance du génocide par les autorités turques. La journée se clôturera par une soirée au Centre arménien à Laeken. La cérémonie commémorative a commencé avec une prière. Karen Tadevosyan, le président du Comité des Arméniens de Belgique, a rappelé que le génocide a fait environ 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l’empire turc, plus de 400.000 dans la minorité assyro-chaldéenne des provinces orientales et 350.000 chez les Grec Pontiques. « Le génocide arménien de 1915 est le premier du XXème siècle, après arrivent la Shoah et le génocide des Tutsis », a-t-il poursuivi. « Avec ce qui se passe au Moyen-Orient, il est plus que d’actualité d’entretenir la mémoire et de tirer des leçons de l’histoire ».

L’ambassadeur d’Arménie, la bourgmestre d’Ixelles Dominique Dufourny et la présidente du parlement francophone bruxellois Julie de Groote ont également pris la parole, ainsi que des représentants des Tutsis, des chrétiens d’Orient et de la communauté kurde.

L’événement vise notamment à mettre la pression sur la Turquie pour qu’elle reconnaisse le génocide commis par l’Empire Ottoman. « Tous les gouvernements successifs ont nié le génocide », regrette Karen Tadevosyan. « Certains politiciens belges font leur possible pour que le dialogue s’installe et que la Turquie reconnaisse le génocide. D’autres veulent éviter de froisser la Turquie. En tant que Belges, nous comprenons ces difficultés au niveau diplomatique, mais la dignité humaine est primordiale. »

En soirée, des discours porteront sur les Arméniens qui avaient trouvé refuge en Syrie après le génocide et qui sont à nouveau déportés aujourd’hui. Un concert classique est prévu en hommage aux victimes. Un colloque sera organisé mercredi avec une vingtaine de professeurs d’histoire du secondaire pour défendre l’importance d’enseigner le génocide de manière précise, non aléatoire comme constaté après étude de la communauté arménienne de Belgique ces derniers mois.

Source: Belga

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