Zéro déchet, zéro souci

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Ph. D.R.

La mission que l’on m’avait assignée la semaine passée était on ne peut plus carrée: produire le moins de déchets possible pendant sept jours! Mais devenir une adepte du zéro déchet n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît…

Tout l’art réside dans la préparation, c’est la chose la plus importante que j’ai apprise cette semaine. Passer en coup de vent au magasin sur une impulsion après le boulot n’a aucun sens. Car vous vous retrouvez dans un supermarché où tous les produits sont conditionnés dans toutes sortes d’emballages. Déçue, je dois me contenter de remplir mon panier avec quelques fruits et légumes en vrac!

Deuxième tentative

Pour ma deuxième tentative, je mets le cap sur Content à Louvain, une épicerie qui s’est fixé comme mission d’être zéro emballage. Armée de ma liste de commissions et d’une dizaine de récipients, je peux ici passer à l’action. Le concept est simple. Vous pesez vos récipients réutilisables, puis vous les remplissez de choses délicieuses. Content n’est pas unique en son genre, dans d’autres villes aussi des concepts identiques ont vu le jour, comme OHNE à Gand, Kabas à Malines et Robuust à Anvers.

Ces magasins regorgent de fruits à coque, de céréales, de lentilles, de graînes, de jus et de pâtes bio. Mais ne vous attendez pas à y trouver un aussi vaste assortiment de fruits et de légumes ainsi que de produits laitiers qu’au supermarché.

Si vous aimez faire votre marché parmi des dizaines de sortes différentes de yaourt, vous n’aurez pas ce plaisir ici! Et, franchement, quelle importance cela a-t-il de ne pas pouvoir déposer dans votre caddie ce pot de yaourt 0%? De plus, tous les produits sont ici de fabrication artisanale et proviennent en droite ligne de la ferme ou du producteur. Vous savez donc que l’argent que vous dépensez ici –dont le montant est peut-être bien plus élevé qu’au supermarché– aboutit chez les bonnes personnes!

Au travail

Pour mon lunch au boulot, une préparation plus élaborée s’impose. Passer en vitesse au supermarché ou à la sandwicherie du coin ne fait pas partie des options. Car là aussi vous n’échapperez pas à la surabondance d’emballages en plastique. Rien de tel que le lunch maison alors!

Ici aussi, il faut que je m’en tienne à un planning strict. À cause de mes heures de travail irrégulières et de mon agenda chargé, je me retrouve dans la cuisine à couper des légumes et cuire du quinoa à des heures un peu bizarres. Mais avec comme résultat un lunch sain et, encore plus important, un lunch qui ne produit aucun emballage! Et le jour où je ne suis pas parvenue à me préparer quelque chose, j’ai pu heureusement encore toujours passer à ma sandwicherie préférée avec ma Boc’n’Roll.

Et si les gens derrière le comptoir ont toujours l’air surpris quand je sors ma boîte à tartines réutilisable, je reçois toujours mon sandwich avec le sourire du gérant en prime!

Mission réussie?

Pas entièrement, car si je peux me rendre avec mes bocaux Weck dans le bon magasin, il y a tout un tas de choses sur lesquelles je n’exerce aucun contrôle. Nous sommes constamment envahis par des tonnes de plastique: publicités, paquets de la poste, friandises au travail, biscuits avec le café dans les bars… Il est quasi impossible d’y échapper!

De plus, une semaine ne suffit pas pour vivre en mode zéro déchet, car vous devez véritablement adopter un nouveau mode de vie. Devenir un adepte du zéro déchet, c’est plus que d’emmener au boulot des salades branchées dans un récipient. Les produits de soins et de nettoyage doivent aussi avoir leurs variantes écologiques. Pour l’instant, je ne me vois pas encore fabriquer mon dentifrice. Mais donnez-moi un peu de temps! Petit à petit, non?

Heleen De Bisschop

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