Adieu au gaspillage alimentaire

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Photo D.R.

D’après les chiffres publiés par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture nous jetons à la poubelle près de 1,3 milliard de tonnes de nourriture par an dans le monde. Un énorme gaspillage d’argent et d’énergie! Pendant une semaine, j’ai cherché comment faire autrement.

Le gaspillage alimentaire est non seulement difficilement justifiable sur le plan éthique, mais cela représente aussi une lourde perte financière. Avec la nourriture, c’est aussi plusieurs centaines d’euros qui atterrissent à la décharge!

Si une grande partie du gaspillage se produit en amont, pendant la production ou le traitement des aliments, chacun d’entre nous peut toutefois faire la différence à notre microniveau. Dans ma tentative de jeter moins de nourriture, je suis rapidement venu à la conclusion qu’il valait mieux s’axer sur trois piliers.

Ayez un plan

Dans un monde idéal, on se rend au magasin tous les deux ou trois jours, mais dans la pratique c’est nettement moins évident. Armée d’une liste de commissions soigneusement établie, je vais au supermarché afin de m’y approvisionner pour une semaine.

En raison de leur durée de conservation limitée, ce sont surtout les fruits, les légumes, la viande, le poisson, les produits laitiers et le pain qui constituent des «produits à risque». Je calcule au préalable avec précision la quantité dont je pense avoir besoin et je ne me laisse pas séduire par les promotions alléchantes du genre 2 + 1 gratuit. Si la moitié finit plus tard à la poubelle, je suis quand même perdant!

Je vérifie la date de péremption avant de déposer les produits dans mon caddie. Cela ne fera pas plaisir aux supermarchés, mais je n’éprouve aucune gêne à explorer le fond des rayons. On y trouve des produits qui tiendront facilement quelques jours de plus, même si je me rends bien compte que cette tactique n’est pas infaillible. Si tout le monde fait cela systématiquement, les produits exposés en tête de gondole ne seront jamais vendus. Pour compenser, je prends du blanc de poulet en vente rapide.

Au département des fruits et des légumes, je sélectionne mes kiwis et mes tomates sur base de leur degré de maturité. Cela demande un peu de travail de recherche, mais j’évite ainsi de devoir tous les manger en même temps!

Apprenez à conserver les aliments

Une fois les achats terminés, un autre défi m’attend: comment les conserver le plus longtemps possible? Une petite recherche sur Google me permet de bénéficier de conseils utiles pour pratiquement tout ce que j’ai acheté.

J’ai ainsi appris qu’il valait mieux ne pas conserver les pommes avec d’autres fruits et légumes, et que les tomates n’apprécient pas le frigo. Un pot de fromage blanc à moitié mangé se range la tête en bas pour éviter la prolifération des bactéries, tandis que les oignons et les pommes de terre sont des ennemis jurés. Il me faut un certain temps pour assimiler toutes ces infos, mais le résultat en vaut la chandelle.

Le meilleur conseil que je puisse donner est d’ordre général: maintenez votre frigo propre et suffisamment froid (6 degrés maximum). Vous en gardez ainsi le contrôle et ne donnez pas la moindre chance aux bactéries.

À vos marques, prêts, cuisinez!

Même si vous avez soigneusement établi votre planning de la semaine, il y a peu de chances que vous puissiez observer jusque dans les moindres détails votre fichier Excell. Prévoir à l’avance si je vais avoir de l’appétit ou pas est une illusion. Je ne peux donc pas m’empêcher d’avoir des restes, qui – soyons honnête – aboutissent généralement dans le sac pour déchets organiques! Cette semaine, c’est tabou et j’essaie donc de booster ma créativité culinaire.

Je comprends très vite que les smoothies sont idéaux pour donner une seconde vie aux fruits blets, la confiture venant en deuxième position, même s’il en faut de plus grandes quantités. Les restes de légumes accommodent une omelette, tandis que mes wraps au blé complet rassis se transforment après une petite minute au four en nachos maison.

Je conclus ma semaine de test sur un authentique «ready, steady, cook», par analogie avec la célèbre émission de la BBC. J’étale devant moi tous les restes de mes achats du week-end et j’essaie de façon intuitive d’en faire quelque chose de bon. Cela vire au plat de pâtes étonnamment délicieux avec du hâché de poulet, des tomates cerise ridées, un fond de crème fraîche et un demi-ravier de champignons. Les déchets organiques qui restent, je les donne à ma voisine pour ses poules.

Maarten Joosens

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