40 % des Bruxellois ont opté pour un dossier médical en réseau

Belga / S. Gremmelprez

De plus en plus de patients bruxellois ont accepté de voir leurs données médicales partagées entre hôpitaux et médecins. L’e-santé entend ainsi améliorer la qualité et la continuité des soins.

L’e-santé fait appel aux technologies de l’information et de la communication dans le but d’arriver à un échange sécurisé de données médicales et/ou d’utiliser des applications mobiles liées à la santé. L’encodage se fait par le biais des soignants (généralistes, hôpitaux, …) avec le consentement préalable du patient.

La région bruxelloise a fait un énorme pas en avant en un an dans ce domaine, ont affirmé conjointement les ministres bruxellois en charge de la santé, Didier Gosuin et Guy Vanhengel. Le nombre de patients inscrits au Réseau Santé Bruxellois (RSB) est ainsi passé de 252.292 au 1er février 2016 à 451.071 au 1er mars 2017 (environ 40% de la population bruxelloise). Le dossier médicale est ainsi conservé sur une plateforme sécurisée qui peut-être consultée par les différents membres du réseau. Sur les 1.280 médecins généralistes pratiquant en région bruxelloise, 854 sont inscrits au RSB. Que ce soit pour les patients ou pour les médecins, la participation à ce réseau reste volontaire.

Bientôt avec d’autres acteurs de santé

Néanmoins, l’exercice doit se généraliser encore, d’où l’idée du plan 2017-2019. L’implication des prestataires de soins sera l’un des chantiers mis en œuvre via une informatisation accrue des hôpitaux et une participation active au partage des données. Il est également prévu de mettre en réseau les données des gardes de médecine générale.

«Actuellement le Réseau Santé Bruxellois est géré par l’ASBL Abrumet, mandatée par la Région, dont les membres sont les prestataires de soins (actuellement hôpitaux et médecins uniquement)», nous explique Muriel Quinet du cabinet Gosuin. «L’objectif est de l’étendre à l’avenir aux prestataires de première ligne (infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens,…)», voire encore à d’autres acteurs qui devront obtenir un certificat eHealth garantissant l’authenticité des utilisateurs et le cryptage des information. Les médecins des mutuelles, des assurances, du travail n’y devraient par contre pas avoir accès.

Les médecins généralistes qui ne sont pas toujours informatisés peuvent obtenir formation et soutien financier (de l’Inami notamment) pour disposer du matériel et des accès nécessaires.

Les deux derniers défis concerneront les maladies chroniques et les personnes dépendantes, ainsi que la santé mentale.

Des échanges entre les régions également

Bruxelles Si la gestion des réseaux de santé relève du pouvoir régional, la conception de plate-forme limitée aux seules frontières régionales semblait restrictive. Ainsi la Wallonie dispose également de son Réseau Santé  qui vise également au partage de dossiers des patients entre les différents prestataires de soins. «Le Réseau Santé Bruxellois a été conçu comme un clone du Réseau Santé Wallon, selon la même technologie», nous précise Muriel Quinet du cabinet du ministre bruxellois Didier Gosuin. Par ailleurs, les différentes plate-formes peuvent communiquer entre elles via des hubs. Ainsi, si un patient devait être transféré dans un hôpital d’une autre région par exemple, son dossier complet le suivrait virtuellement. Ici aussi, ces échanges d’informations font l’objet d’une attention toute particulière en ce qui concerne la sécurité des données.