Les patients s’informent trop peu du coût des soins

AFP / F. Tanneau

Tout prestataire de soin doit informer son patient de l’impact financier des soins qui lui seront délivrés. Cependant la Mutualité Chrétienne note que le citoyen ne fait pas suffisamment valoir ce droit.

Les patients sont trop peu informés sur le coût des prestations de soins, relevait hier la Mutualité chrétienne (MC) à l’occasion de la journée européenne des droits du patient. Ainsi, 84 % des patients savent combien ils devront payer chez leur généraliste, mais ils ne sont que 33 % à connaître le prix d’une consultation chez leur dentiste.

Les patients n’abordent pas toujours eux-mêmes la question du coût avec le prestataire.

Il n’est pas rare non plus que les prestataires de soins omettent d’informer leurs patients ou qu’ils ne le fassent qu’au moment du paiement.

Une obligation légale

Or c’est une obligation légale que d’informer le patient des conséquences financières des soins. «Avant de commencer le soin, le patient doit pouvoir donner son consentement», rappelle Thomas Van Hirtum du Service de médiation fédérale Droits du patient. «Le praticien doit l’informer des risques, de la durée mais aussi de l’impact financier. Le praticien doit l’aborder lui-même même si c’est difficile pour chaque intervention . On ne parle pas de devis à l’euro près mais d’une estimation.»

L’enquête de la MC révèle que la question du coût varie fortement d’un prestataire à l’autre. Quelque 95<UN>% des patients qui ont consulté un ostéopathe dans l’année écoulée connaissaient le prix à l’avance. Le pourcentage est également élevé en ce qui concerne la visite chez le généraliste (84%), le psychiatre (75%), le logopède (68%) et le kinésithérapeute (64%).

L’argent ne doit pas être une question tabou

Il reste des progrès à réaliser chez les autres prestataires, selon la MC. Un tiers des patients seulement connaissaient le prix d’une visite chez le dentiste, contre 46% chez l’ophtalmologue et 52% chez le gynécologue. Pour la dentisterie, «ce sont souvent des soins coûteux et qui entraînent parfois peu de remboursement de la part des mutuelles, c’est pourquoi ils peuvent surprendre par leur montant», explique Thomas Van Hirtum.

La MC et la médiation fédérale soulignent que la question du coût ne doit pas être un tabou. En parler ouvertement participe à la relation de confiance entre un médecin et son patient et améliore la qualité du soin. «Le patient n’est plus passif comme il y a 20 ans. il est aujourd’hui un vrai acteur de sa santé qui s’informe», conclut Thomas Van Hirtum.

 

Que faire en cas de conflit sur le coût des soins ?

Pour la Mutualité chrétienne, sa nouvelle campagne incite le patient à «oser» de mander le coût du soin ou de la consultation. L’organisme assureur conseille aussi aux médecins d’aborder spontanément le sujet. Cependant s’il y a un désaccord sur le coût des soins, plusieurs options s’offrent à vous. La médiation est souvent l’option privilégiée.

  • Chaque hôpital possède son propre service de médiation qui peut recueillir les plaintes concernant les tarifs.
  • Le Service de médiation fédérale Droits du patient veille aussi au respect de la législation. Son travail vise le dialogue pour tenter de dégager une solution. Selon Thomas Van Hirtum, la question du coût n’est pas la raison majeure des plaintes reçues par son service. Davantage de dossiers traitent de la qualité des soins et des questions d’attitude du soignant.
  • Enfin, votre mutualité est particulièrement armée pour veiller au respect des tarifs conventionnés. N’oubliez pas non plus, que chaque prestataire de soin doit explicitement spécifier s’il est conventionné ou pas.