Au Mexique, un jeune homme acquitté d’une agression sexuelle pour un motif surprenant

Ph. AFP PHOTO/ P.PARDO

Au Mexique, un jeune homme a été acquitté après avoir commis une agression sexuelle pour « humilier » la jeune femme sans volonté de se faire plaisir.

Au Mexique, il n’y a pas de viol s’il n’y a pas « d’intention sexuelle » et « s’il n’y a pas de prise de plaisir ». L’agression sexuelle d’une jeune femme a donc été jugée sans suite, alors que les faits ont été avérés, parce que l’agresseur a déclaré avoir fait cela « pour l’humilier » et « pas par plaisir ».

Les faits

Le 1er janvier 2017, quatre jeunes hommes (Jorge Cotaita Cabrales, Gerardo Rodríguez Acosta, Diego Cruz Alonso et Enrique Capitaine) sortent en boîte de nuit dans la ville de Veracruz. Ils interpellent Daphné Fernández, une jeune femme de 17 ans, et la forcent à monter dans leur voiture. L’un d’eux l’agresse sexuellement. Diego Cruz Alonso, l’agresseur, fuit en Espagne avant d’être extradé suite à un mandat d’arrêt international lancé parInterpol.

Bien que les faits physiques ont été reconnus comme ayant eu lieu, d’après la justice mexicaine et le juge Anuar Gonzàlez, en charge de l’affaire, les intentions du jeune homme priment sur les faits. Celui-ci souhaitant « juste l’humilier » et n’ayant eu « aucune intention charnelle » est reconnu non coupable.

Dans la décision finale de justice, il est déclaré que « les attouchements ou les frottements accidentels, en privé ou en public, ne sont pas considérés comme un acte sexuel s’ils ne sont pas accompagnés d’une intention de satisfaire un désir sexuel aux dépens de la victime ». Le juge ont également affirmé « que Daphné n’a, à aucun moment, été obligée de quoique ce soit ».

« Je peux vivre dans un pays où la constitution garantie ma sécurité »

Une justice inégale

Les quatre garçons issus de familles aisées et influentes de Veracruz, profitent ainsi d’une totale impunité. Une décision qui a révolté de nombreux Mexicains . « Tout cela est inconcevable, ils n’ont même pas été arrêtés, et maintenant il est acquitté et bénéficie d’une protection légale », s’est scandalisé le père de Daphné, Javier Fernández.

L’affaire, a d’ailleurs rapidement été surnommée « Los Porkys de Costa de Oro » par les médias et les internautes. Une appellation faisant référence aux « Los Porkys », une bande de jeunes hommes de familles aisées qui, en 2001, ont commis de nombreux délits en boîte de nuit, dont le meurtre d’un jeune homme.

Révoltés, les internautes mexicains expriment leur colère et indignation sur les réseaux sociaux comme sur Twitter avec les hashtags #JusticiaParaDaphne et #JuezPorky.

« Touche, mais ne pénètre pas.

Pénètre mais pas avec son pénis.

Touche et pénètre mais ne ressent pas de plaisir.

Ce n’est pas une agression sexuelle. »