Un crâne vieux de 400.000 ans pourrait élucider l’origine de l’homme de Néandertal

666

La découverte au Portugal d’un crâne d’hominidé fossilisé datant de 400.000 ans pourrait aider à élucider l’évolution des ancêtres des humains en Europe ainsi que l’origine de l’homme de Néandertal.

La découverte a été publiée lundi dans les Comptes rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS). Il s’agit du plus ancien crâne fossilisé d’hominidé trouvé dans la péninsule Ibérique.

Il « marque une contribution importante à la compréhension de l’évolution humaine pendant la période dite du Pléistocène moyen en Europe et notamment sur l’origine des Néandertaliens», estiment les membres d’une équipe internationale de chercheurs.

Avant cela, l’histoire de l’évolution des ancêtres des humains en Europe pendant cette période était très controversée en raison de la rareté et de la datation incertaine des fossiles qui allait de 200.000 à plus de 400.000 ans, relèvent ces scientifiques.

 

Une découverte cruciale

L’âge de ce crâne a pu être établi plus précisément grâce à la datation des sédiments et stalagmites dans lesquels il était piégé. «Ce nouveau fossile est très intéressant car cette région d’Europe est cruciale pour comprendre les origines et l’évolution de l’homme de Néandertal», explique Rolf Quam, professeur adjoint d’anthropologie à l’université Binghamton à New York et l’un des coauteurs de cette découverte.

«Le crâne, trouvé en 2014 sur le site d’Aroeira, partage en effet des traits anatomiques avec d’autres fossiles de la même période découverts dans le nord de l’Espagne, dans le sud de la France et en Italie», précise-t-il. De ce fait, ce crâne «accroît la diversité anatomique de la collection de fossiles d’hominidés de cette période en Europe, suggérant que des populations montraient différentes combinaisons de caractéristiques morphologiques», ajoute l’anthropologue.

Ce crâne ainsi que deux dents montrant des signes d’usure indiquent qu’il s’agissait d’un individu adulte. Ni son sexe, ni son espèce n’ont pu être déterminés. Il montre des traits morphologiques typiques de ce qui paraît être un ancêtre de l’homme de Néandertal, dont notamment un épaississement osseux prononcé au niveau des sourcils. Ce fossile est aussi l’un des plus anciens sur le continent européen à être directement lié à des outils de la culture acheuléenne qui a commencé à s’étendre en Europe il y a 500.000 ans. Celle-ci avait d’abord émergé en Afrique et s’était ensuite propagée sur le continent européen en passant par le Proche-Orient.

Deux ans d’extraction

Le crâne d’Aroeira a été trouvé à proximité d’un grand nombre de ces outils de pierre dont des bifaces, de petites haches. Les paléontologues ont aussi découvert 209 restes d’animaux, comme des cervidés. Piégé dans un bloc de pierre, le crâne a été transporté dans le laboratoire du Centre de recherche sur l’évolution et les comportements humains à l’Institut de paléoanthropologie de Madrid, en Espagne, pour les délicates opérations d’extraction qui ont duré deux ans.

Ce nouveau fossile sera au centre d’une exposition sur l’évolution humaine en octobre prochain au Musée National d’Archéologie de Lisbonne au Portugal.

Ph. Pnas.org