La comédie musicale « Cats » débarque en Belgique

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Ph. A. Pinna

C’est un des événements culturels de ce printemps. «Cats», la comédie musicale, débarque en Belgique pour une série de représentations exceptionnelles. Metro est allé découvrir le spectacle à Londres, où il cartonne, comme partout ailleurs dans le monde depuis 35 ans. On vous invite dans les coulisses d’une mécanique bien rodée.

Dans les pays anglo-saxons, la comédie musicale est un genre en soi, emblématique des arts de la scène. Comme en cinéma, elle a ses blockbusters. «Cats» en fait certainement partie. La nouvelle production londonienne débarque à Anvers pour les congés de printemps.

Ph. A. Pinna

Jusqu’à deux fois par jour, c’est la même histoire qui se joue au New Wimbledon Theater de Londres. L’histoire est même connue depuis 35 ans puisque la première de «Cats» eu lieu le 11 mai 1981 à Londres, le début d’un énorme succès et de milliers de représentations au Royaume-Uni mais aussi à New York dans une vingtaine de langues. Le spectacle est d’ailleurs la quatrième comédie musicale à être restée à l’affiche à Broadway le plus longtemps (7.485 shows de 1982 à 2000). Les chorégraphies comme la musique exécutée en direct ont déjà emporté l’adhésion de plus de 74 millions de personnes à travers le monde.

Une histoire poétique

Mais qu’est-ce qui explique ce succès de la scène? À l’aube des années 80, le compositeur Andrew Lloyd Webb tombe amoureux des poèmes de T.S. Eliott «Old Possum’s Book of Practical Cats». C’est d’ailleurs ses textes qui font sa saveur particulière, parfois difficilement compréhensible pour un public non anglophone mais toujours poétique. Non, le succès de «Cats» s’explique par une mise en scène ingénieuse de Trevor Nunn, et des costumes féériques imaginés par John Napier, scénographe et designer multi-récompensé. Les masques de chat font l’objet d’un soin tout à fait particulier. Certains demandent 40h de travail pour leur confection. En 35 ans, rien n’a bougé, si ce n’est le casting. Et le public attend toujours avec impatiences les hits comme l’émouvant «Memory» qui a été popularisé par Barbra Streisand et Céline Dion.

C’est l’histoire d’une communauté de chats vivant dans une sorte de grande décharge qui attend la pleine lune pour procéder à un rite particulier forgeant leur solidarité. Marqués par des règles hiérarchiques strictes, ils vont découvrir que face au danger qui les menace, la solution pourrait venir de celle qui avait choisi l’exil, Grizabella, et qui réapparaît tout à coup. D’abord rejetée, elle incarnera l’espoir. On sent l’esprit de liberté issu des années septante et quatre-vingts. Libération des mœurs et vie en communauté forment en filigrane l’ambiance du show.

Le rituel en coulisses

À quelques heures de la représentation, l’équipe commence à s’affairer dans les coulisses. Septante personnes (danseurs, musiciens, techniciens) font en sorte que tout soit prêt chaque soir.

Matt Krzan – Ph. F. van Paridon

Matt Krzan, qui incarne Munkustrap, l’un des rôles-titres, commence par son maquillage. Tous les jours, il s’emploie à reproduire le style arboré depuis les origines et qui permet aujourd’hui d’identifier visuellement le spectacle. «Faire mon maquillage me prend entre une demi-heure et une heure par jour. On l’apprend avec un maquilleur professionnel quand on intègre le casting. C’est le plus difficile. Tu as envie d’être parfait!» Le danseur, acteur et chanteur a un rôle supplémentaire important, propre aux musicals anglo-saxons: «Je garde constamment un œil sur la troupe. En tant que dance captain, je veille à ce que le niveau reste le même de représentation en représentation.» À Londres, le spectacle peut se donner jusqu’à six jours sur sept et parfois deux fois par jour, un rythme effréné mais rien ne doit paraître. La production dispose d’ailleurs d’une personne venant régulièrement assister au spectacle et qui note scrupuleusement les petits défauts, les pertes de rythme.

Ph. F. van Paridon

On rebooste l’équipe en continu pour garder une fraîcheur et une énergie intactes. Tous ont envie de faire de leur mieux, mesurant la chance de faire partie d’un show historique. Sophia McAvoy n’en revient toujours pas d’avoir décroché le rôle de Victoria, le délicat chat blanc. C’est le cas de Dane Quixall qui nous fait visiter l’arrière du décor. Il a joué «Cats» un peu partout en Europe. Aujourd’hui son expérience lui permet d’endosser les habits de «swing». Quand un de ses collègues est blessé ou malade, il peut prendre en charge la plupart des rôles, un travail impressionnant qui demande aussi un entraînement continu. «Chaque jour est un réel investissement physique. Tu dois faire attention car beaucoup de blessures rapidement» notamment dans ce décor volontairement désordonné fait de trappes et de marches dans tous les sens. «‘Cats’ est la première comédie musicale que j’ai connue. Je connaissais les musiques et les poèmes par cœur. Ce qui en fait quelque chose d’exceptionnel? Tout le monde peut s’y retrouver. Les paroles sont superbes.»

EN PRATIQUE

Au tour des spectateurs belges de découvrir « Cats » (avec surtitres en français et en néerlandais) dès le 29 mars et jusqu’au 17 avril à Anvers dans une salle Reine Élisabeth entièrement rénovée.

Réservations: 070 660 601 ou www.catsantwerpen.be

 

Nicolas Naizy

SOURCENicolas Naizy
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