Zinadi tacle l’enseignement belge avec humour

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Ph. Sandra zidani

À peine « Arlette fait sa rentrée’ terminé que Zidani revient avec un nouveau spectacle. Pour Arlette, c’est l’ultime combat ! L’honneur du Collège Ste Jacqueline de Compostelle est en jeu.

Pour votre nouveau spectacle, vous ne quittez pas votre personnage Arlette puisqu’elle revient en force, plus déterminée que jamais.

« C’est le troisième spectacle qui parle de l’enseignement. Le premier s’appelait ‘Va-t’en savoir’. Il expliquait le départ de l’ancienne directrice du Collège Ste Jacqueline de Compostelle. Le second, qui vient de se terminer, raconte l’arrivée de la nouvelle directrice Arlette. J’ai voulu en faire un troisième parce que j’ai été à l’école de 0 à 36 ans. Ça m’a marqué. On passe beaucoup de temps à l’école. C’est là que l’on crée les adultes de demain. Et puis, l’école a toujours été un peu malmenée. Les professeurs sont malmenés, et l’enseignement est le parent pauvre de la politique, un peu comme l’artistique. Ce qui n’est pas normal dans une démocratie où la parole et l’éducation sont fort importantes. On trouve toujours beaucoup d’argent pour la sécurité. Mais plus difficilement quand il s’agit de l’enseignement. »

« On trouve toujours beaucoup d’argent pour la sécurité. Mais plus difficilement quand il s’agit de l’enseignement. »

Y a-t-il des problèmes en particulier que vous voulez pointer ?

« Par exemple, c’est en Belgique que l’enseignement en secondaire coûte le plus cher. Pourtant, c’est là aussi qu’il y a les moins bons résultats. Ces sujets m’ont toujours interpellé. J’ai voulu parler de mon expérience en tant qu’élève, l’école en noir et blanc en quelque sorte. À mon époque, les professeurs portaient des chignons, avaient un côté austère. Et puis, j’ai été prof… Il y en beaucoup qui viennent voir le spectacle, ce qui donne une ambiance assez particulière dans la salle. C’est très gai. »

Quels sont les thèmes que vous abordez dans votre spectacle ?

« Je parle beaucoup du numérique et des nouvelles formes d’apprentissage. Qu’est-ce qui est positif et négatif. J’aborde également Daesh et les départs de Belges en Syrie… Au fond, je crois que l’ultime combat d’Arlette, c’est ça. Je pense qu’on est face à un basculement. On commence à penser que l’école devient dérisoire. On a l’impression qu’elle n’a plus sa place dans notre société. On est face à un clivage. J’ai donc mis en scène des personnages qui veulent revenir à des méthodes anciennes. Tout en délirant, bien sûr.  »

« J’ai mis en scène des personnages qui veulent revenir à des méthodes anciennes »

Vous avez bien été aidée par l’actualité, avec notamment ce que l’on appelait les « cours de rien ».

« On parle aussi de la nouvelle réforme, du Pacte d’excellence. C’est sans doute le spectacle pour lequel nous nous sommes le plus documenté, avec Patrick Chaboud. Nous parlons de l’actuel. Nous récoltons des informations, allons chercher des témoignages. Nous avons écrit un spectacle sur ce qu’est l’école aujourd’hui. »

Dans votre nouveau spectacle, Arlette reçoit une lettre. Elle doit s’absenter ; l’honneur de l’école étant en jeu. Elle met donc sa « demi-sœur jumelle » à la tête du collège.

« Vous êtes obligé de venir voir le spectacle pour comprendre en quoi c’est sa demi-sœur jumelle (rires). On traite de choses très sérieuses dans le spectacle mais on l’exploite de manière drôle et absurde. Arlette est une cinglée mais elle aime ses élèves et son école. »

« Arlette, l’ultime combat » : Du 16 au 25 mars 2017 à 20h30 (sauf le 19 mars à 19h00) au W:Halll

« La rentrée d’Arlette », disponible en DVD

Ph. sandra zidani

 

SOURCEMaïté Hamouchi
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