Les cyclistes veulent plus d’espace sur les routes

Belga / T. Roge

A la mi-législature, les organisations cyclistes dressent un bilan de la situation et des politiques menées. Évaluation générale: il est possible de faire mieux.

Les organisations cyclistes Gracq et Fietsersbond ont mené une vaste enquête pour analyser les besoins et demandes des usagers du vélo. Et globalement, les cyclistes ne sont pas totalement satisfaits des conditions dans lesquelles ils se déplacent. Manque d’incitant fiscal et d’infrastructure adaptée aux besoins des cyclistes, mauvaise qualité de l’air, sentiment d’insécurité… Nombreux sont les points qui restent à améliorer en matière de politiques cyclables.

«Il est urgent de réduire drastiquement la pression automobile à Bruxelles et de redistribuer l’espace public en faveur de modes de mobilité active. En Wallonie, les pistes cyclables sécurisées doivent être développées le long des routes régionales», indique la secrétaire générale du Gracq, Aurélie Willems.

Air impur et circulation

Les Bruxellois pointent la mauvaise qualité de l’air et la densité du trafic automobile. Ils ne sont que 9% à juger la qualité de l’air suffisante. Un constat à mettre en lien avec le trafic automobile, puisque 90% des répondants jugent le trafic trop dense. Les Wallons éprouvent un sentiment d’insécurité en raison d’infrastructures qu’ils jugent insuffisantes. Quelque 74% pointent le manque d’espace, 82% le manque de confort. Ils évoquent également des distances trop longues. Les Flamands, eux, soulignent la difficulté de rouler à vélo avec des enfants, l’espace dont ils disposent étant trop restreint. Ils mettent en revanche en avant les efforts déployés par leurs employeurs pour encourager les travailleurs à vélo.

 

100.000 parking vélo pour favoriser l’intermodalité

Belga / S. Gremmelprez

53% des cyclistes sondés par le Gracq et Fietsersbond estiment ne pas pouvoir garer leur vélo en sécurité. Un ressenti qui pose problème pour combiner tain et vélo, notamment. Les deux organisations se félicitent toutefois de voir la SNCB augmenter progressivement son offre de stationnement à proximité des gares. La volonté affichée est d’arriver à 100.000 places de parking vélo d’ici 2018. Le Gracq et Fietsersbond se félicitent également de constater que les billets vélo de la SNCB sont désormais disponibles aux guichets automatiques, et que les rames Desiro et les futures M7 facilitent l’embarquement des deux roues. Mais pour développer une combinaison efficace entre vélo et transports publics, les cyclistes demandent un «tax-shift» ambitieux sur la mobilité. Celui-ci impose de mettre fin à la voiture salaire. Cette évolution doit permettre de financer des indemnités vélo, réduire la TVA sur les vélos et pièces de réparation, offrir une réduction d’impôts pour l’achat d’un vélo électrique…