Interview exclusive avec les créateurs de la Nintendo Switch

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EXCLU. La Nintendo Switch sortira le 3 mars prochain. À cette occasion, deux figures importantes de Nintendo, les Japonais Shinya Takahashi et Yoshiaki Koizumi ayant tous les deux participé à la création de la console, étaient de passage en Europe. En exclusivité pour la Belgique, Metro a pu leur poser quelques questions. Réponses sans langue de bois, ou presque.

Yoshiaki Koizumi (à gauche) est une légende du jeu vidéo. Il était à la réalisation de titres cultes comme The Legend of Zelda: Ocarina of Time et The Legend of Zelda: Majora’s Mask sur Nintendo 64, mais aussi de Super Mario Sunshine et de Super Mario Galaxy.

Shinya Takahashi (à droite) est le General Producer de la Nintendo Switch. Présent depuis 1989 chez Nintendo, il a notamment travaillé sur Wave Race 64, Mario Kart Double Dash sur GameCube ou encore le Programme d’Entraînement Cérébral du Dr Kawashima sur DS.

À quels joueurs s’adresse la Switch ? Pourriez-vous expliquer son positionnement par rapport à la Wii U et à la Nintendo 3DS, mais aussi par rapport à la PS4 et la Xbox One ?

ST : « Nous ciblons un public aussi large que possible, des gens de tout âge et intéressés par tous types de jeux. Nous voulons atteindre des personnes qui aiment s’assoir et jouer à un jeu comme Zelda pendant de longues heures, mais aussi des amis et des familles qui aiment s’assoir et s’amuser quand ils jouent ensemble. Nous pensons que la Nintendo Switch leur permettra de jouer sans avoir à se soucier de l’endroit où ils se trouvent et du temps qu’ils ont devant eux.

Nous ciblons un public vraiment très large et donc nous pensons qu’il n’y a pas de comparaison nécessaire avec les autres consoles de jeux. »

Sur quoi vous êtes-vous basés pour créer la Switch ? Qu’est-ce qui était le plus important pour vous ? Qu’avez-vous voulu mettre en avant ?

ST : « Je dirais que la Nintendo Switch hérite de l’ADN des précédentes consoles de Nintendo et qu’elle combine tout ça dans une console unique. Quand nous avons créé la Switch, nous avons regardé comment les gens interagissaient avec les jeux dans le monde moderne. Le temps est une ressource précieuse et limitée dans le quotidien de beaucoup de personnes, alors nous nous sommes demandés : ‘Que pouvons-nous faire pour aider les gens n’ayant pas beaucoup de temps pour jouer et profiter des jeux ?’. C’est là qu’est née l’idée de créer une console de salon qui puisse être transportée pour jouer n’importe où et n’importe quand.

« La Nintendo Switch hérite de l’ADN des précédentes consoles de Nintendo »

En plus, comme vous le savez certainement déjà, la Nintendo Switch dispose de deux manettes. Par le passé, nous avons déjà proposé des consoles avec deux manettes, mais cette fonctionnalité, combinée au fait de pouvoir jouer n’importe où, signifie que les gens pourront jouer spontanément ensemble. Nous espérons vraiment voir des amis, des familles et même des étrangers, jouer et profiter de la Nintendo Switch ensemble.  »

Avec la Switch, Nintendo va lancer pour la première fois un abonnement payant pour jouer en ligne. Pourquoi ce choix ? Quel sera le prix ?

ST : « En nous basant sur notre expérience avec Splatoon, nous avons estimé que nous avions vraiment besoin de continuer à chercher comment nous pouvions étendre nos services en ligne et offrir la meilleure expérience de jeu. Il y a aura une application sur smartphone qui se connectera à la Nintendo Switch et qui permettra de créer des parties et de dialoguer par chat vocal tout en jouant sur la console. Mais nous avons encore d’autres idées sur lesquelles nous travaillons.

Nous prévoyons un coût annuel entre 2.000 et 3.000 yens. Nous n’avons pas communiqué le prix en euros mais je pense que vous pouvez deviner approximativement ce qu’il pourrait être. (NDLR : entre 15 et 25 euros). »

En 1995, Nintendo a été précurseur de la Réalité Virtuelle le Virtual Boy. En 2017, que pensez-vous de la VR ? La Switch est-elle compatible avec cette technologie ?

ST : « La VR est une technologie intéressante. Chez Nintendo, nous sommes toujours à la recherche de nouvelles technologies et de la manière de les intégrer dans nos produits, et bien sûr, la VR fait partie de ces technologies. Mais c’est normal pour nous de toujours regarder des nouvelles façons de jouer et d’évaluer comment nous pouvons potentiellement les utiliser.

« La VR pourrait être possible sur la Nintendo Switch »

Aujourd’hui, les expériences de réalité virtuelle peuvent se faire sur une large gamme de dispositifs, y compris sur les smartphones. Donc oui, la VR pourrait être possible sur la Nintendo Switch. Mais c’est le cas de beaucoup de nouvelles technologies. Nous cherchons toujours la meilleure façon d’utiliser ces technologies pour apporter quelque chose d’amusant à nos joueurs.  »

Le Virtual Boy, commercialisé de juillet 1995 à avril 1996, uniquement au Japon et aux Etats-Unis

A l’heure où de plus en plus de joueurs téléchargent les jeux online, comment expliquer votre choix de proposer une console avec seulement 32 GB de stockage interne ?

ST : « La flexibilité est au cœur de la Nintendo Switch. Nous proposons de la flexibilité dans les contrôles, avec à la fois la reconnaissance des mouvements via les manettes Joy-Con, les boutons traditionnels, les vibrations HD et même avec la caméra infra-rouge. Cela s’applique aussi au stockage. Nous savons que les joueurs ont des besoins différents, alors nous avons facilité la tâche de ceux qui veulent plus d’espace de stockage puisqu’ils peuvent ajouter une carte microSD et ainsi étendre le stockage en fonction de leurs besoins.

La console prend en charge des cartes microSD allant jusqu’à 2 TB, même si elles ne sont pas encore sorties dans le commerce. Nous donnons donc aux joueurs de nombreuses options pour choisir l’espace de stockage dont ils ont besoin. »

Les mini-jeux de 1-2 Switch montrent les technologies de la Switch. Mais de quelles autres manières pourraient être exploité les vibrations HD  (HD Rumble) ? Est-ce que des jeux Nintendo exploiteront cette technologie ? Si oui, lesquels ?

YK : « Ce qui est unique avec 1-2 Switch, c’est que les joueurs se regardent dans les yeux et qu’ils ne doivent pas regarder l’écran. Il était donc vraiment important de transmettre des informations aux joueurs autrement que visuellement. C’est ça que les vibrations HD réussissent à faire. C’est une nouvelle manière de jouer à des jeux ensemble et je suis vraiment impatient de voir les joueurs en profiter. Pour ce qui est des autres jeux, en avril, nous allons sortir Mario Kart 8 Deluxe, qui inclut aussi les vibrations HD dans l’expérience de jeu. Vous verrez aussi qu’elles sont utilisées dans ARMS, Splatoon 2 et Super Mario Odyssey, où les vibrations HD font vraiment partie intégrante de l’expérience de jeu. »

« Vous sentirez que ça valait la peine d’attendre »

De nombreux joueurs espéraient un nouveau Super Mario pour le lancement de la Switch. Pourquoi attendre la fin de l’année pour sortir Super Mario Odyssey ?

YK : « « Nous sommes vraiment ravis de voir comment Super Mario Odyssey progresse. Cela fait pas mal de temps depuis que nous n’avons pas sorti un Super Mario de type « bac à sable », alors nous voulons vraiment nous assurer de prendre le temps de peaufiner le jeu et de le rendre aussi bon que possible. J’espère que lorsque vous jouerez à la version finale du jeu durant les vacances de fin d’année, vous sentirez que ça valait la peine d’attendre. »

Quelles sont les nouveautés qui attendent le joueur dans Super Mario Odyssey ? De quel précédent Super Mario se rapproche-t-il le plus ?

YK : « C’est la première fois depuis 15 ans, et Super Mario Sunshine, que nous produisons un Mario « bac à sable ». Et bien sûr le premier jeu Mario de ce type était Super Mario 64. Alors probablement que ces deux jeux sont les plus proches de Super Mario Odyssey parmi les précédents titres de la saga Mario. Concernant les nouveautés, il y a tellement de choses que j’aimerais vous dire ! Cependant, cette fois-ci, je dois me limiter à la casquette de Mario qui lui donnera plusieurs nouvelles capacités dans le jeu. Je ne peux rien dire de plus. »

 

SOURCEThomas Wallemacq
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