Sorties cinéma: ‘Silence’ de Martin Scorsese, ‘Rings’ de F. Javier Gutiérrez, …

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Paramount Pictures

Voici les sorties cinéma de la semaine. 

Silence

Martin Scorsese, n’est-ce pas ce réalisateur adepte d’un cinéma violent et frénétique? En effet, pensez plutôt à des films comme ‘Taxi Driver’, ‘Les Affranchis’ et, il y a quelques années encore ‘Le Loup de Wall Street’. Mais Scorsese a aussi une autre facette, un intérêt profond pour la religion et la spiritualité. Il a, après tout, été enfant de chœur et a même voulu devenir prêtre. Cet intérêt, il l’avait déjà montré dans ‘La dernière tentation du Christ’ et ‘Kundun’, et il le manifeste plus que jamais dans ‘Silence’. Cette adaptation du roman éponyme de Shusaku Endo se passe au 17e siècle et raconte l’histoire de deux jeunes jésuites qui partent pour le Japon dans l’espoir de retrouver un ancien mentor. Un voyage à haut risque, car les chrétiens sont durement persécutés par les autorités féodales japonaises. Autour de cette histoire, Scorsese tisse un drame sur la foi et le doute, sur la peur et la confiance, sur Dieu et l’homme. ‘Silence’ est empreint de la beauté visuelle que l’on peut attendre d’un esthète comme Scorsese. Mais c’est aussi un sacré défi de rester captivé par les monologues et discussions théologiques interminables. Un coup magistral en revanche: l’interprétation d’Issey Ogata dans le rôle de l’Inquisiteur japonais. Et pas seulement pour la dose d’humour bienvenue qu’il apporte. (rn) 3/5

Rings

En 1998, «Ring», une adaptation du roman d’horreur de Kōji Suzuki, sortait au Japon. Quatre ans plus tard, le film est adapté aux États-Unis. Le remake de Gore Verbinski connaît un beau succès mondial. Une suite verra le jour en 2005, cette fois réalisée par Hideo Nakata, le réalisateur du film original. La saga revient 13 ans plus tard avec une nouvelle suite dirigée cette fois par l’Espagnol F. Javier Gutiérrez. Julia (Matilda Lutz) s’inquiète pour son petit ami Holt (Alex Roe), dont elle n’a plus de nouvelles. Elle décide de le rejoindre à l’université, où elle apprend qu’il participe à un mystérieux projet mis sur pied par son professeur de biologie, Gabriel (Johnny Galecki). Le groupe se charge de trouver des «suiveurs» pour ceux qui ont regardé la fameuse cassette tuant, sept jours après, la personne l’ayant visionnée. Julia décide de regarder la vidéo pour sauver Holt. C’est à ce moment que la jeune femme découvre une vidéo dans la vidéo… Fallait-il vraiment faire renaître la saga horrifique 13 ans plus tard? Certains diront que la boucle n’était pas vraiment bouclée. C’est vrai, mais cette nouvelle suite sent trop le réchauffé, le scénario n’est pas brillant et ne parlons pas des acteurs. Exit Naomi Watts, bonjour Vincent d’Onofrio et d’autres sombres acteurs bien lisses. Côté frissons, quelques sursauts par-ci par-là, mais on ne retrouve pas l’atmosphère des autres films. Bref, «Rings» vaut juste pour les fans de la saga qui se satisferont de retrouver la bonne vieille tête chevelue de la chère Samara. (mb) 2/5

Planetarium

Dans le Paris de l’entre-deux-guerres, Laura (Natalie Portman) et Kate (Lily-Rose Depp), deux sœurs new-yorkaises, font la tournée des cabarets. Leur show ? Un spectacle de spiritisme qui affole les foules. Tant et si bien que Korben, riche producteur juif naturalisé Français, tombe sous leur charme. Enfin, surtout sous celui de Laura: il veut en faire une star de cinéma, et capturer les esprits évanescents qu’elle invoque sur la pellicule. Tout ça pendant que le nazisme monte discrètement en puissance… Tables tournantes, années folles, septième art, histoires d’amour et de sororité, fascisme: entre tous ces sujets, on a le sentiment que Rebecca Zlotowski (‘Belle Epine’, ‘Grand Central’) ne sait pas vraiment trancher. Le film donne l’impression de butiner de l’un à l’autre, avec comme seule constante le ton grave et la lenteur affectée. Il se démarque pourtant par sa mise en scène, la réalisatrice étant une ‘faiseuse d’ambiances’ très douée. Avec ses costumes chics dignes d’une pub Dior, ses décors ambitieux et son univers unique, ‘Planetarium’ est un écrin sublime pour une histoire qui elle, est un peu trop alambiquée. (em) 2/3

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