Gad Elmaleh face aux stars américaines au Carnegie Hall

Ph. D.R.

L’humoriste Gad Elmaleh a fait vibrer, en anglais, la prestigieuse salle du Carnegie Hall, samedi soir à New York, une étape majeure après 18 mois d’aventure américaine.

L’humoriste n’avait pas caché que ce spectacle dans ce temple de la musique classique constituait pour lui un «aboutissement». Après avoir entamé ce nouveau défi de l’humour en anglais en septembre 2015, sillonné les États-Unis et écumé les petits cabarets de New York, il voulait s’attaquer à ce lieu «sacré», avait-il confié en mai.

Encore très peu connu du grand public américain, l’humoriste a pourtant réussi, samedi la prouesse d’attirer un beau parterre de célébrités.

Les actrices Sarah Jessica Parker, Jessica Chastain et Julianna Margulies avaient ainsi fait le déplacement, tout comme la designer Diane von Furstenberg et son époux, le magnat des médias Barry Diller.

Ils ont vu un Gad Elmaleh à l’anglais transcendé par la pratique et des leçons quotidiennes s’amuser des particularités culturelles des Américains dans son spectacle «Oh My Gad». Les taxis, Uber, les rencontres féminines, les codes du flirt, les intonations et les expressions américaines, les anecdotes se sont enchaînées durant une heure façon stand-up.

Trump pas épargné

Mais les passages les plus marquants auront sans doute été ceux ajoutés récemment à la suite de l’élection présidentielle américaine et des premières mesures de l’administration Trump. «J’ai un passeport marocain. Je ne l’utilise pas», a lancé avec un sourire l’humoriste de 45 ans, marocain de naissance, québécois d’adoption et français de cœur. «Ce n’est pas le bon moment pour arriver à l’aéroport avec un grand passeport vert qui a des lettres arabes dessus et de dire: je suis humoriste» a-t-il ajouté.

À d’autres reprises durant la représentation, Gad Elmaleh a glissé en douceur quelques messages atypiques pour celui qui n’a jamais été un humoriste politique.

Evoquant une onomatopée, typique du Maroc selon lui, qui vise à dissuader son interlocuteur (le son «Rrrr»), le quadragénaire a estimé qu’il serait bon d’envoyer un Marocain à la Maison Blanche pour jouer ce rôle au côté du nouveau président.

Après un rappel, il a ponctué son spectacle au piano par une chanson et un dernier appel: «Ce soir, nous avons des gens du monde entier. C’est le moment d’être unis». Le public, très majoritairement francophone, a réagi au quart de tour à ces passages, avec des applaudissements appuyés.