Les sorties cinéma de ce mercredi 18 janvier 2017

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Ph. F. Maltese

Voici la sélection Metro des sorties en salles cette semaine.

Ils vivent la nuit (Live by night) – 3/5

«Dormir le jour, vivre la nuit» : voilà le mode de vie auquel aspire Joe Coughlin (Ben Affleck). Dans l’Amérique de la Prohibition, et après avoir connu le traumatisme de la Grande Guerre, le jeune homme est déterminé à vivre selon ses propres lois. Au grand dam de son père policier, cela veut dire vivre dans la pègre et aimer des femmes à la vertu discutable. Mais jouer au plus malin avec les caïds aura pour Joe des conséquences sanglantes… Et le forcera à se réinventer. Après «Gone Baby Gone», Ben Affleck adapte de nouveau Dennis Lehane («Mystic River») dans ce polar rétro où les robes à paillettes côtoient les AK-47, et où il est question de criminalité et de rédemption. Sans être bouleversant, le résultat est efficace, quoiqu’un peu trop long… et un peu trop lisse : de la mise en scène aux costumes en passant par les rebondissements qu’on voit venir, tout semble préparé avec minutie et professionnalisme… mais sans vraiment de passion. Peut-être est-ce à cause du scénario, qui s’étire sur une (trop) longue ligne du temps. Peut-être est-ce l’opulence soignée des décors, qui figent le film dans un écrin peu réaliste. Quoi qu’il en soit, devant comme derrière la caméra, Affleck livre un travail qui semble sur des rails : classique et bien fait, mais sans étincelles. (em)

3/5

Souvenir 

À la voir préparer du pâté avec son filet sur les cheveux, on se dirait que Liliane est une employée comme une autre. Pourtant dans une autre vie, Liliane a été Laura, une chanteuse populaire qui a terminé 2ème à l’Eurovision, juste derrière ABBA. Pour elle comme pour le public, son succès n’est qu’un lointain souvenir. Jusqu’au jour où Jean (Kevin Azaïs), un jeune employé de l’usine de pâté, la reconnaît. Malgré sa réticence initiale, il convainc Liliane de remonter sur scène… et devient son amant dans la foulée. C’est une histoire complètement improbable et totalement kitsch que nous raconte le Belge Bavo Defurne, et c’est bien là ce qui fait le charme de ‘Souvenir’. Avec ses chansons pop, ses décors à l’esthétique fanée ou encore ses touches d’humour poli, le film ressemble à un conte désuet. Avec ce rôle de chanteuse oubliée, à mille lieues du sombre ‘Elle’ pour lequel elle vient d’être primée, Isabelle Huppert confirme qu’elle est décidément là où on ne l’attend pas. Et que décidément, elle peut tout jouer. A l’instar de Liliane, elle nous montre que même dans une vie toute tracée, on n’est pas à l’abri d’une surprise. Il n’est jamais trop tard pour un nouveau départ ! (em)

3/5

Brimstone

Si l’Italie a lancé le western spaghetti dans les années soixante, le réalisateur néerlandais Martin Koolhoven («Oorlogswinter») invente aujourd’hui, avec «Brimstone», le western «croquette hollandaise», mais enrobé d’une petite sauce très sanglante. Guy Pearce et Dakota Fanning y jouent des immigrés néerlandais dans l’Ouest américain. Outre un léger accent hollandais, ils importent aussi leur foi en l’Amérique : le calvinisme, que le Révérend (Pearce) prêche sous une forme extrêmement stricte. Mais derrière ses prêches comminatoires se cachent une misogynie détestable et une sexualité pour le moins déviante. En quatre chapitres, présentés en ordre inversé, Koolhoven raconte une horrible histoire de répression, d’abus et de violence. Avec des scènes de tortures atroces, il fait disparaître les frontières entre le western et l’horreur. C’est Tarantino, mais sans le fun. Durant 148 longues minutes, nous voyons des femmes se faire battre, violer, mutiler et museler. On pourrait dire que Koolhoven entend éradiquer le fanatisme religieux et ses excès -le parallèle avec l’islamisme radical est en outre vite fait-, mais le réalisateur se vautre dans ses scènes de violence explicites, à tel point qu’on commence à le soupçonner d’en éprouver lui-même un plaisir pervers. «Brimstone» est-il une ode à la femme forte? Ou purement et simplement du ‘torture porn’? (lt)

2/5