Metro a testé la Nintendo Switch en avant-première

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Quatre ans et demi après le lancement et le flop de la Wii U, Nintendo ne pouvait plus se louper. La présentation de la Switch était donc très attendue. Le géant japonnais va-t-il réussir son coup avec un concept original et hybride ? Voici nos premières impressions.

La présentation d’une nouvelle console est un événement rare et attendu. Vendredi, Nintendo s’est livré à cet exercice périlleux pour présenter sa nouvelle console, baptisée Switch, à la presse mondiale. Metro était de la partie.

L’annonce à Tokyo

Les plus passionnés et les plus impatients avaient mis sonner leur réveil quelques minutes avec 5h pour suivre la conférence japonaise, diffusée en direct sur Internet. Pour rappel, la Switch est une console hybride qui permet de jouer dans son salon, mais aussi de poursuivre les parties en déplacements en détachant la tablette de son socle. L’expérience se veut également conviviale avec deux petites manettes détachables (Joy-Con) pour jouer à plusieurs.

Après une première vidéo de présentation diffusée en octobre 2016, Nintendo devait annoncer tous les détails pratiques et c’est ce qui a été fait. La Switch sortira le 3 mars prochain, au prix de 329 €. Nintendo a également dévoilé les jeux qui accompagneront la console à sa sortie. Si le très attendu Zelda est de la partie, les joueurs devront attendre quelques mois pour Mario Kart, Splatoon 2 et même la fin de l’année pour le nouveau Super Mario Odyssey.

Côté technique, la Switch embarque 32 GB de mémoire interne. La tablette de 6,2 pouces affiche une définition de 720p et a une autonomie de « 3 à 6 heures ». Les joueurs qui s’étaient levés tôt pour suivre cette présentation étaient au final plutôt mitigés. Certains n’ont pas été tendres sur Twitter. « 32 Go de capacité en 2017, c’est collector », « Bon c’était sympa de se lever à 4 heures du matin pour assister au crash de la Wii U 2 », « Aucun jeu inclus avec la Switch alors que ça ne coûtait pas grand-chose de filer « 1-2 Switch » avec, c’est quand même la carotte de l’année », pouvait-on lire sur le réseau social.

La prise en main à Paris

Quelques heures après la présentation, Nintendo nous a invités au Grand Palais, à Paris, pour prendre la Switch en main et essayer les premiers jeux. Nous avons ainsi pu nous familiariser avec le concept de la Switch. La console en elle-même est plutôt jolie, sobre dans sa version grise, un peu plus excentrique dans sa version bleu et rouge. La qualité de la tablette est excellente, aussi bien dans la finition que dans la qualité de l’écran. C’est simple, c’est la meilleure console portable jamais sortie. Par contre, lorsque l’affichage bascule sur un téléviseur, on ne prend pas de claque visuelle, même avec le nouveau Zelda. Et même si Nintendo dira que la Switch ne joue pas dans la même cour, graphiquement, elle reste en-deçà de la PS4 et de la Xbox One.

L’expérience de jeu se veut convivial et familiale. Les deux petites manettes détachables, appelées Joy-Con, permettent de jouer à plusieurs. Bardées de capteurs et de technologies, elles suivent les mouvements des joueurs et remettent le « motion gaming », cher à la Wii, à l’honneur.

Si la Switch a les atouts nécessaires pour plaire aux fans de Nintendo, saurait-elle convaincre les autres joueurs ? Rien n’est moins sûr. Elle a été conçue pour s’amuser à plusieurs et permettre une expérience de jeu en déplacement et cet aspect est réussi. Mais le prix de départ et le line-up plutôt faiblard pourraient en décevoir certains.

Très cher Nintendo

En proposant la Switch plus cher qu’une PS4 et qu’une Xbox One, Nintendo prend un fameux risque. Le prix de 329 € est bien plus élevé que ce que les spécialistes avaient estimé et les joueurs qui s’attendaient à une console autour de 250 € seront forcément déçus. C’est tout à fait légitime surtout quand on voit la conversion qui a été faite par rapport au prix en dollars et en yens.

Le pack de base inclut la console, deux Joy-Con, un support pour les combiner et former une manette, une station d’accueil, un câble HDMI et un adaptateur secteur. Jeux et accessoires sont vendus séparément et certains prix sont affolants. Comptez une soixantaine d’euros pour Zelda ou Mario Kart, 85 € pour une paire de manette Joy-Con supplémentaire permettant de jouer à quatre à certains jeux et 70 € pour la manette pro. L’addition peut donc rapidement devenir très salée.

 

Un line-up faiblard

Pour rencontrer le succès dès sa sortie, une nouvelle console doit être accompagnée de jeux divers et variés qui convaincront tous les styles de joueurs. Mais à part « The Legend of Zelda : Breath of the Wild » qui s’annonce magistral, le line-up de lancement de la Switch est plutôt décevant. Disponible dès le lancement, « 1-2-Switch » est une compilation de mini-jeux exploitant tout le potentiel de la console. Très fun à plusieurs, notamment quand il faut traire une vache ou affronter son adversaire dans un duel façon western, on regrettera que « 1-2-Switch » ne soit pas inclus dans le pack de base et qu’il soit vendu séparément.

A Paris, nous avons également testé « Arms », un jeu de boxe avec des robots. Le jeu a surtout de l’intérêt en multijoueur, mais pour cela il nécessitera l’achat d’une paire de Joy-con supplémentaire (85 €). Les fans qui attendaient un nouveau Mario Kart seront déçus. En effet, Nintendo sortira le 28 avril « Mario Kart 8 Deluxe », soit la version Wii U avec tous ses DLC et quelques bonus. Pour « Splatoon 2 », il faudra attendre l’été 2017. Mais là aussi, à part une légère amélioration des graphismes, quelques nouvelles maps et personnages, le titre ressemble beaucoup à la version Wii U. Dans la lignée des « Super Mario Galaxy », « Super Mario Odyssey » s’annonce quant à lui excellent. Malheureusement, il faudra attendre la fin de l’année pour y jouer. Plusieurs éditeurs tiers seront également présents sur la Switch. Ubisoft a annoncé Steep, Rayman et Just Dance, Activision « Skylanders Imaginators » et 2K « NBA 2K18 ». Pas encore d’exclusivité et surtout des portages … ce qui n’est jamais très bon signe.