Black M: « Je vais raconter comment j’ai popularisé le rap »

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Après le succès de son premier disque «Les Yeux plus gros que le monde» et de son tout récent «Eternel Insatisfait», Black M vole désormais de ses propres ailes. Pourtant, c’est du côté du grand écran que le chanteur souhaite désormais se livrer à travers la conception d’un film sur sa vie.

Vous avez enregistré plus de 70 morceaux pour ce second album. Comment s’est effectué le choix?

«C’est à l’écoute. Les autres morceaux sont toujours en studio. On les réécoute de temps en temps. Ils ne sont pas perdus. Ils vont nous servir pour d’autres projets, un troisième album…»

La soundtrack débute par le titre «Je suis chez moi», ça annonce la couleur. C’est une chanson qui vous tenait particulièrement à cœur après la polémique de Verdun?

«Oui, j’y tiens énormément. C’est un morceau qui est venu en cours d’album suite à la polémique mais pas seulement. Il y avait aussi un climat un peu bizarre en France. On avait envie de balancer un message positif pour dire à tout le monde ‘Restons groupés, on est ensemble, on est tous pareils’. Après, oui, il y a la réponse à cette polémique qui m’avait énormément touchée, surprise et que je n’avais pas compris. J’ai donc décidé de répondre en musique.»

Plusieurs personnalités vous ont apporté leur soutien, c’est un geste qui vous a surpris?

«J’ai été très très content, surpris et surtout je l’attendais. C’est quand même très grave comme le FN s’est retourné contre moi. Je me suis dit que si cela arrivait à n’importe quel artiste que j’aimais bien, j’allais en parler. Donc j’attendais que tout le monde parle (rire).»

Dans «#Askip» vous dites «T’es dans la merde si tu t’appelles Moussa». Beaucoup de personnes doivent se reconnaître dans cette situation, c’était une manière de leur passer un message positif?

«Ouais, exactement. Mais je ne sais pas si en un morceau on peut arranger la situation. Moi, je prends tout au second degré, ils ne vont jamais me faire du mal avec tout ça. Dans «#Askip», par exemple, je le place subtilement. Si on m’attaque, ça ne sert à rien de répondre méchamment mais avec humour ou gentillesse.»

La question de l’identité est également très présente dans «Kirikou» et «A l’ouest». C’était important d’évoquer également vos origines guinéennes?

«C’est très important. C’est une partie de ma vie. J’y vais depuis que je suis tout petit. J’ai fait un gros concert en Guinée, il y avait 60.000 personnes. Quasiment toute la capitale s’est déplacée ou a entendu parler de cet événement. Donc forcément, ça m’a donné envie de faire un morceau sur l’Afrique de l’ouest.»

C’est aussi un album avec de nombreuses collaborations notamment Shakira.

«Oui, en fait elle fait partie de la même maison de disques que moi. J’ai fait la demande et très naturellement elle a répondu de manière positive dès le début. Quand je raconte l’histoire, ça paraît un peu fou mais ça s’est fait vraiment comme ça.»

Vous ne vous êtes pas encore rencontrés pour l’instant?

«La rencontre se fera dans le mois de janvier pour le clip. Le scénario est déjà écrit.»

Il y a d’autres personnes avec qui vous rêveriez de collaborer?

«Il y en a plein. J’aime beaucoup la musique américaine comme Lauryn Hill, Rihanna, Eminem, Futur…»

Vous avez également confirmé un nouveau projet avec Sexion d’Assaut. Y a-t-il déjà quelque chose de concret?

«Oui on devrait revenir très bientôt. Pour l’instant, il y a quelques morceaux de côté mais pas encore de concret.»

Outre la musique, vous avez évoqué un projet de biopic avec un acteur «très connu»

«‘Biopic’ ça fait trop sérieux. C’est l’histoire de ma vie mais c’est plus une comédie dramatique. Je vais raconter plein d’étapes de ma vie, comment j’ai réussi à populariser le rap, comment un groupe venant du centre de Paris a réussi à tout exploser… Toutes ces choses-là.»

Vous allez également en profiter pour passer derrière la caméra?

«Non pas derrière mais au niveau de l’écriture, du scénario. On cherche encore le réalisateur.»

Avec une année aussi chargée, qu’est-ce qui comblerait encore le vide d’un éternel insatisfait?

«Une tournée bien remplie à Forest National. On travaille à un show vraiment extraordinaire par rapport à ce que je fais d’habitude.»