« La Grande Vadrouille » fête ses 50 ans

Ph. D.R.

« Tea for two and two for tea! » : « La Grande Vadrouille », film culte avec le duo de Funès-Bourvil, fête ses 50 ans ce jeudi.

En salles le 8 décembre 1966, la comédie de Gérard Oury a détenu pendant 42 ans le record du nombre d’entrées pour un film français dans l’Hexagone, avant d’être détrôné en 2008 par « Bienvenue chez les Ch’tis » (20,5 millions d’entrées) et en 2011 par « Intouchables » (19,5 millions).

Seulement 20 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, celle-ci était abordée sous l’angle de la comédie: en 1942, des soldats britanniques parachutés sur Paris sont cachés par deux Français que tout oppose, Stanislas, chef d’orchestre acariâtre (Louis de Funès) et Augustin, peintre en bâtiment (Bourvil). Après de nombreuses péripéties, le groupe, pourchassé par les Allemands, parviendra à rejoindre la zone libre.

De nombreux hommages

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Coffret anniversaire DVD et Blu-Ray, beau livre sur les coulisses du tournage (« Sur la route de La Grande Vadrouille », éditions Hors Collection), programmation prochaine sur France 2 de ce classique, déjà rediffusé 17 fois à la télévision: le jubilé de « La Grande Vadrouille » a démarré cet été avec la sortie en salles d’une version restaurée en haute définition 4K, qui a attiré quelque 50.000 spectateurs.

« Dès les premières projections en 1966, le public a adopté ce film. Le phénomène se perpétue, génération après génération. Les spectateurs connaissent tellement les répliques, qu’ils en sont devenus les co-scénaristes« , confie Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury. « Une osmose miraculeuse s’est créée avec les spectateurs, comme si nous avions signé un pacte avec le succès. Les plus jeunes adorent aussi le film, devenu une sorte d’ami des familles« , estime la réalisatrice, qui a cosigné le scénario avec son père et Marcel Jullian.

« De Funès et Bourvil, duo magique »

« Le film a traversé le temps. Pendant l’écriture, nous avions en tête d’ouvrir une fenêtre de comédie sur une époque qui n’était pas vraiment drôle« , fait remarquer Danièle Thompson. Un an après la sortie du « Corniaud », son précédent film réunissant déjà le duo de Funès/Bourvil, Gérard Oury cherche une idée pour un nouveau succès.

affiche-2Dans ses tiroirs, une histoire jamais tournée, écrite sept ans plus tôt pour Zizi Jeanmaire par son ami le réalisateur Jean-Charles Tacchella: les aventures de jumelles qui sauvent des soldats alliés pendant l’Occupation. « L’écriture de ‘La Grande Vadrouille’ a duré plusieurs mois, dans un grande euphorie mais aussi dans la difficulté, avec tous les jours des remises en question« , raconte Danièle Thompson.

« On était attendus au tournant après le succès du ‘Corniaud’. Jamais on n’a imaginé que le succès pourrait être encore plus grand. Louis de Funès et Bourvil ont formé un duo magique, dans l’antagonisme de leurs personnages obligés de traverser la France ensemble. ‘La Grande Vadrouille’ a été écrite pour eux, mais aussi inspirée par eux« , souligne la fille de Gérard Oury.

Un succès populaire

De Paris aux Hospices de Beaune, le tournage s’est transformé en joyeuse colonie de vacances, rappelle Vincent Chapeau, auteur de « Sur la route de La Grande Vadrouille ». En janvier 1967, Les Cahiers du Cinéma se déchaînent malgré le succès populaire déjà engagé: « probablement le film le plus minable de l’année, consternante farce rétrograde« .

De son côté, Le Monde estime « qu’on ne saurait refuser sa sympathie à un divertissement dominé par un constant souci de qualité« . « L’été dernier, j’ai assisté incognito à des projections de ‘La Grande Vadrouille’. Voir des salles pleines est un grand plaisir, confie Danièle Thompson. Entendre des gens de toutes générations éclater de rire, c’est très émouvant ».