Tintin fait arrêt au Train World

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Extrait de "Les 7 boules de cristal" / Ph. Moulinsart

Le musée de la SNCB Train World accueille sa première exposition temporaire. « Tintin et les trains » dévoile la passion d’Hergé pour le chemin de fer, très présent dans toute son œuvre.

On ne peut le nier : Tintin et les trains, c’est une longue d’histoire d’amour. Dès la première case de sa première aventure « Tintin au Pays des Soviets », publiée en 1929 dans le Petit Vingtième, le jeune reporter est à bord d’un wagon en direction de l’Union soviétique.

Mais tout au long de ses albums, Hergé fera du « cheval de fer » un lieu et un moteur de l’action, comme le présent l’exposition qui s’ouvre ce 6 décembre au Train World à la gare de Schaerbeek.

Le train, héros dans Tintin

Rappelez-vous, dans « Le Lotus Bleu », c’est un attentat ferroviaire en Mandchourie qui déclenche la guerre sino-japonaise. George Rémi s’est inspiré d’un épisode authentique des années 30 pour nourrir les pérégrinations de son héros en Orient. C’est à bord d’une imposante locomotive à vapeur que l’aventurier des jeunes de 7 à 77 ans découvre le Far West dans « Tintin en Amérique ». Du « Le Temple du Soleil », on garde tous en tête ces magnifiques planches d’un wagon, volontairement détaché du convoi, dévale en sens inverse les Andes escarpées, obligeant Tintin et Milou à sauter du haut d’un pont.

Extrait de "Tintin en Amérique" - Ph. Moulinsart
Extrait de « Tintin en Amérique » – Ph. Moulinsart

Il ne s’agit que de quelques-uns des épisodes des aventures hergéennes où l’univers ferroviaire est plus qu’évoqué. Hergé attachera toujours une importance cruciale aux détails techniques d’un monde qui le fascinait.

Un auteur méticuleux

Ph. Nicolas Naizy
Ph. Nicolas Naizy

Dans une première partie, l’exposition « Tintin et les trains » dévoile de belles planches originales de quelques-unes des aventures du héros à la houppe où le train tient une place centrale. Cette première salle est aussi l’occasion de découvrir qu’Hergé dessina des trains pour des illustrations spéciales dans ses diverses publications périodiques comme Le Petit Vingtième, ou plus tard, le journal Tintin.

Ph. Nicolas Naizy
Ph. Nicolas Naizy

Méticuleux, l’auteur s’efforçait de disposer de la documentation la plus précise pour parfaire son dessin. Ses sources d’inspiration se dissimulent ainsi dans plusieurs valises entrouvertes et disséminées dans toute l’exposition permanente du Train World. On imagine que s’il avait existait à l’époque du père de Tintin, le musée du train aurait vu dans ses allées se balader le dessinateur carnet de croquis à la main.

Un train rhabillé

S’il ne s’agit pas d’une exposition impressionnante par sa taille, « Tintin et les trains » constitue une nouvelle porte d’entrée dans l’œuvre immense du père de la ligne claire.

La mémoire d’Hergé se perpétue aussi à cette occasion de manière originale. Parallèlement à l’événement du Train World, qui accueille ici sa première exposition temporaire, Tintin sera sur les rails entre Schaerbeek et Nivelles. Une navette Desiro a été en effet redécorée d’une fresque représentant le héros lors de ses premières aventures de papier.

Et comme pour souligner l’édition inédite en janvier de « Tintin au pays des Soviets » en couleurs, la fresque, en noir et blanc sur un côté du train, se retrouve colorisée de l’autre côté. Après avoir habillé un tram de la Stib, Tintin se retrouve sur de bons (autres) rails.

L’exposition « Tintin à TrainWorld » se visite jusqu’au 16 avril 2017.

SOURCENicolas Naizy
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