Derby Wallon : Le Standard interdit le déplacement de ses supporters

 

Le Standard a annoncé qu’il ne mettrait plus en vente des places pour ses matches à l’extérieur jusqu’au moins la fin de la phase classique du championnat, mais le club liégeois refuse de perdre des points à cause de ses supporters.

Dans un communiqué transmis au lendemain des incidents qui ont provoqué l’arrêt définitif de la rencontre entre Charleroi et le Standard dimanche dans le cadre de la 17e journée de Jupiler Pro League, le club liégeois a annoncé que plus aucune place ne serait vendue pour ses rencontres de Jupiler Pro League juqu’au minimum la fin de la phase classique du championnat.

«Force est de constater, vu les incidents d’hier, qu’il est impossible de contrôler que ces places soient bien occupées par de véritables supporters du club».

Le Standard affirme ainsi prendre une «mesure sans précédent dans l’histoire du football belge» en interdisant le déplacement de ses supporters. Preuve que le club «met tout en œuvre pour s’assurer que de tels incidents ne se reproduisent plus».

Pas de perte de points par contre

Sur le plan sportif, le Standard a déjà annoncé qu’il s’opposerait à ce que des points ne lui soient pas attribués. «Dans l’intérêt général du football, le Standard de Liège n’acceptera pas que les points du match en question ne soient pas attribués», a ajouté clairement le club liégeois dans son communiqué.

Le règlement de l’Union belge prévoit en effet la non-attribution des points en cas d’arrêt d’une rencontre en raison du comportement des supporters. Selon l’article 1917.3, «le match est perdu avec des chiffres de forfait par le club qui est à la base des incidents, ou les points ne sont pas attribués si les incidents sont provoqués par aussi bien les supporters de l’équipe visitée que par les supporters de l’équipe visiteuse.» De plus, 25.000 euros d’amende sont prévus pour le club de Pro League responsable de l’arrêt du match.

«Il est totalement inacceptable que dans le cas d’un arrêt définitif d’un match sur décision arbitrale, l’issue sportive de ce match puisse être déterminée par le comportement d’une poignée d’individus en tribune», a déjà prévenu le Standard qui menait 1-3 à Charleroi lors de l’arrêt de la rencontre.

BELGA /B. FAHY
BELGA /B. FAHY

Responsabilités partagées

«Une telle décision constituerait une dérive extrêmement dangereuse pour le football», détaille le communiqué qui prend à titre d’exemple, l’attitude des «supporters du Sporting de Charleroi qui ont causé l’interruption de la rencontre face au STVV le 29 octobre dernier, engendrant une simple amende pour le club. Dès lors, il serait incohérent que le Standard soit bien plus lourdement sanctionné pour des faits similaires, simplement parce que les supporters adverses ont également commis des incidents lors du même match. La compétition en serait irrémédiablement faussée».

Le Standard estime en outre qu’il serait inconcevable que certaines règles viennent renforcer les actions des supporters en leur donnant le pouvoir d’influer sur le résultat des compétitions.

«A cet égard», reprend le communiqué, «nous rejoignons tout à fait la position du Sporting de Charleroi dont le conseil avait déclaré lors d’incidents précédents: ’Dans mon esprit et dans celui du Sporting, on ne peut accepter qu’une attitude malveillante conditionne le résultat sportif’.»

Pennetteau dans la ligne de mire

Enfin le Standard fustige l’attitude du gardien de Charleroi, Nicolas Pennetteau. «L’arbitre du match a dû intervenir auprès du gardien de but carolo afin qu’il cesse de provoquer inutilement les supporters, risquant ainsi à tout moment l’interruption pure et simple de la rencontre», affirme le club liégeois dans son communiqué.

«Le Standard de Liège entend être traité sur un pied d’égalité par rapport à ses adversaires et défendra fermement ses intérêts dans cette affaire afin que l’équité sportive reste pleinement respectée», prévient ainsi le club Rouche.

Les deux équipes, Charleroi et le Standard, devaient déjà se présenter ce mardi, devant la Commission des litiges de l’Union belge pour deux autres dossiers. La Commission des litiges doit en effet rendre sa décision concernant Saint-Trond/Charleroi du 29 octobre, durant lequel les supporters carolos avaient allumé des fumigènes en tribune (Charleroi avait déjà affirmé qu’il allait payer l’amende de 25.000 euros pour ce dossier), et Ostende/Standard du lendemain, où Silvio Proto avait été la cible de projectiles devant la tribune occupée par les Rouches.