Un salon pour les vins et les bières « rebelles »

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Il avait commencé en mode ‘bouche-à-oreille’, il y a trois ans à peine. Il est aujourd’hui devenu un événement majeur dans la galaxie ‘food’ à Bruxelles. Le salon Vini Birre Ribelli est de retour pour un week-end clairement orienté découvertes.

Le «Salon des Vins et Bières Rebelles» prend ses quartiers d’automne dès ce samedi dans un nouvel écrin, le magnifique bâtiment Citroën Yser (place de l’Yser à Bruxelles). «C’est pour nous une grande fierté et cela nous permet d’agrandir l’espace. On peut accueillir beaucoup plus d’exposants que ce soit en termes de bière, de vin et de slow food», explique Patrick Böttcher, l’organisateur du salon.

«Il est certain que nous allons évoluer vers une structure plus grande et plus professionnelle mais le salon doit rester quelque chose d’humain. Nous ne voulons pas d’un Megavino 2. Les contacts avec le brasseur, le vigneron ou le producteur food sont primordiaux. C’est un esprit global.»

L’ADN du salon, c’est le terroir, le bio, le nature, loin de toute idée productiviste à outrance. Et d’ailleurs, s’il utilise le mot ‘rebelle’, «c’est pour moi tout le contraire», ajoute Patrick Böttcher. «Parce que ce ne sont jamais que des bières et des vins tels qu’on les faisait il y a 50 ou 100 ans, avant que l’industrie ne s’en occupe. On est rebelle par rapport à l’industrie mais pas par rapport à l’histoire.»

Un vin au centre des débats

Ce salon a d’ailleurs précédé -ou souligné- l’air du temps. Les microbrasseries sont en pleine explosion, tandis que les Wine Bar nature ne cessent d’ouvrir à travers la capitale.

L’idée centrale? Le rejet de la malbouffe, le respect du terroir, du produit, de l’artisan-producteur, et un combat contre l’industrie et le trop-plein de produits chimiques.

Mais si la bière ne fait pas (ou peu) débat à ce sujet, le vin, par contre, crispe les interlocuteurs. D’un côté, on s’accuse de dénaturer le produit, tandis que de l’autre on évoque un esprit sectaire pour au final un vin qui laisse parfois à désirer. L’absence de soufre ou son très faible dosage peut en effet amener une oxydation dans le vin. Le travail et la maîtrise du vigneron a dès lors toute son importance.

De toute façon, «la perfection n’est pas de ce monde», explique Patrick Böttcher qui souligne la notion de découverte et de plaisir.

Deux ambassadeurs et une sentinelle

Le salon s’est offert cette année deux ambassadeurs: l’Italien Lorenzo Dabove, grand spécialiste de la bière, mais aussi le très médiatique Eric Boschman qui n’a pas souvent été tendre envers les vins naturels. Ce qui augure de sympathiques passes d’armes entre amoureux du vin ce week-end.

Dans les faits, cette édition accueillera 160 vignerons et 29 brasseurs, ainsi qu’une large section slow food. «Le salon doit être compris comme slow wine, slow beer et slow food», conclut Patrick Böttcher. C’est lors de ce salon que sera proclamée ’Sentinelle’ le lambic traditionnel.

La Fondation Slow Food s’est en effet donnée pour mission de promouvoir et protéger les produits de qualité liés à un terroir. Cette bière à fermentation spontanée qui connaît aujourd’hui un regain d’intérêt sera donc la quatrième sentinelle à être couronnée.

Pierre Jacobs

Le «Vini Birre Ribelli», ces 26 et 27 novembre à Citröen Yser.

Photo : gilaxia/Istock.com

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