Tal: « C’est la première fois que je m’implique autant »

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Trois ans après la sortie de son deuxième album «À l’infini», vendu à plus de 450.000 exemplaires, la chanteuse pop fait son retour. Album éponyme, celui-ci se veut plus éclectique, plus mature et plus proche de la femme de 27 ans qu’elle dit être aujourd’hui.

Pour votre nouveau disque, vous avez décidé de faire un album éponyme, pourquoi ce choix?

«Parce que c’est la première fois que je m’implique autant. J’ai co-réalisé, co-composé et co-écrit tout l’album. J’ai voulu travailler sur quelque chose qui me ressemble parce que j’ai grandi, mûri. Je me sens plus femme aujourd’hui.»

En quoi celui-ci diffère-t-il des deux précédents?

«C’est avant tout une rencontre unique que j’ai faite il y a un an et demi avec Ludo (Ludovic Carquet, ndlr) et Therry (Therry Marie-Louise de LNT Music, ndlr), deux producteurs qui bossent avec David Getta et qui ont fait aussi des sons pour Zaho, Soprano… On a créé l’univers ensemble. J’ai voulu amener leur côté moderne, leur son électronique et mon côté plus acoustique en rajoutant de vraies percussions, une vraie basse et une vraie guitare.»

Vous avez quand même attendu trois ans depuis le précédent.

«Après le deuxième album, j’ai fait une tournée qui a duré un an, 138 dates. Et depuis avril 2015, j’ai pris le temps de faire des choses de la vie de tous les jours que je n’ai pas eu le temps de faire, allez au cinéma, voir mes amis, ma famille, profiter. Ça m’a fait beaucoup de bien. C’est ça aussi qui m’a donné l’inspiration d’écrire de nouvelles chansons.»

C’est d’ailleurs une véritable rencontre entre différents univers musicaux.

«C’est un mélange de sons modernes et de sons acoustiques. Je suis assez éclectique dans mes goûts. Il y a un peu de reggae, de la pop, du hip-hop, de rap, du ragga. Avec toujours des messages très positifs, des textes un peu plus engagés aussi, plus matures.»

On sent justement l’influence ragga dans «Le temps qu’il faut». C’est un style de musique qui vous interpelle plus que les autres?

«Oui, c’est un style de musique que j’ai toujours écouté. En règle générale, la musique black fait partie de mes influences. Ce sont des musiques que j’ai aussi pu écouter avec ma famille. La culture yéménite est très proche de la culture éthiopienne, il y a un côté très black dans la musique et dans la façon de chanter aussi. Mon grand-père, quand il chantait, j’avais l’impression d’entendre Stevie Wonder. C’est vraiment dans mes gènes, ce côté ragga.»

 

« A l’époque, je ne voulais pas du tout chanter en français »

Il y a également beaucoup plus d’anglais dans cet album.

«Depuis toute petite, j’ai toujours chanté en anglais. La première fois que j’ai chanté en français, je devais avoir onze ans. C’était une chanson de Céline Dion. Avant le premier album, quand j’étais en studio, Laura Marciano (auteure et compositrice, ndlr) m’a dit qu’étant en France, il faudrait que j’essaie de chanter en français. Moi, à l’époque, je ne voulais pas du tout. Puis au final, j’ai fait ce premier album avec ‘Le sens de la vie’. C’est pour ça que sur ce troisième album j’ai intégré beaucoup plus d’anglais.».

Un album rien qu’en anglais serait envisageable du coup?

«Oui. Mon but est de pouvoir continuer à faire des albums francophones pour la France, et la Belgique, et en anglais pour d’autres pays. C’est un peu comme ce que fait Céline Dion. Elle a toujours pu faire des albums en anglais et aussi garder un public francophone.»

Après Sean Paul ou Flo Rida, vous faites cette fois-ci un duo avec Fetty Wap. Comment s’est passée la collaboration?

«C’est très drôle comme histoire parce que j’avais demandé pour faire un featuring avec un rappeur américain. J’ai dû faire une petite liste de ceux avec qui je voulais chanter puis on a contacté Fetty Wap. Il a envoyé ses voix par mail, a cappella, sans musique. Puis, avec Ludo et Therry, on a créé la musique sur ses voix. C’était un travail mais on a relevé le défi et je suis super contente du résultat.»

Qui y avait-il encore sur cette liste?

«Plein avec qui c’était impossible (rire). J’avais mis Kendrick Lamar, Drake, Asap Rocky et Busta Rhymes.»

Sur votre précédente tournée, vous aviez fait une série de concerts acoustiques. Vous comptez réitérer l’expérience pour la prochaine?

«Ça sera plus ou moins pareil pour celle qui commencera en février 2017. On a une quarantaine de dates dans des salles d’à peu près 1.000-1.200 personnes. On ne va pas faire un show à l’américaine. Il y aura quatre musiciens, trois choristes. C’est la première fois d’ailleurs, on va pouvoir faire plusieurs voix. J’ai vraiment voulu présenter cet album avec une tournée de proximité.»