Nicolas Vadot croque les élections américaines

Copyright Nicolas Vadot

Mardi, les Américains sont appelés à élire un nouveau président. Observateur avisé de l’actualité, le dessinateur de presse Nicolas Vadot revient largement sur la campagne. Son nouvel album « Barack, tu nous manqueras ! » revient sur ses coups de crayon de l’année écoulée.

Les lecteurs du Vif et de L’Echo connaissent le trait précis de ses dessins colorés et chargés de sens. Nicolas Vadot est l’un de nos meilleurs caricaturistes par sa capacité à saisir les événements les plus complexes de l’actualité.

Son dernier album « Barack, tu nous manqueras ! » nous le prouve encore. Aucun sujet n’échappe à ses coups de crayon. Les attentats de Paris, de Nice et de Bruxelles bien sûr occupent une grande place dans cet album. Pour le dessinateur de presse, si ces sujets lourds ont marqué son année, ils s’inscrivent dans une séquence entamée en 2014 et en 2015 avec l’ascension de Daesh et les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher.

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« Je ne suis pas très optimiste. Mais mon métier est de chercher de l’optimisme dans la noirceur. » Son constat sur l’état du monde est d’ailleurs sans appel. « L’ignorance est devenu une vertu. Regardez la personnalité la plus populaire de la télévision populaire, c’est Cyril Hanouna! L’intelligence est un défaut. On paie la génération Loana. Tout va dans l’instant. Il y a un manque de pudeur généralisé. »

Pas de panique, on rit aussi en feuilletant cet album de souvenirs sur la politique belge et européenne. Mais aussi américaine. Le titre de son ouvrage n’est pas sans rappeler la passion de Vadot pour les États-Unis. Metro lui a demandé de commenter avec nous la fin de mandat d’Obama et la rivalité Clinton-Trump.

Barack Obama, un grand président

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« Si on regarde les huit années de Barack Obama, c’est loin d’être parfait. Mais il faut voir d’où on venait. Le terrorisme d’aujourd’hui, on le doit à George Bush et compagnie. Même s’il a des défauts, je pense qu’Obama restera dans l’Histoire comme un grand président. Il est le premier noir américain à endosser la fonction. Il a réussi à sortir 24 millions d’Américains de l’extrême pauvreté. Il a récupéré une situation économique qui se cassait la gueule. Obama nous a réconciliés avec une certaine Amérique. C’est quelqu’un que je vais retenir comme un grand président. Mais il est très difficile à dessiner et à caricaturer. »

Donald Trump, la mauvaise blague

« J’ai très vite dessiné Donald Trump parce que j’ai senti qu’il se passait quelque chose. Prenant en otage un parti républicain dont il n’était même pas membre, Trump est un anarchiste. Il a cassé le système. Avec Trump, on a l’impression d’une mauvaise blague de collégiens qui a mal tourné. On n’a pas compris que toute une partie de la population américaine a été laissée pour compte par la mondialisation. J’adore les États-Unis et j’ai toujours été contre l’antiaméricanisme primaire. Mais il y a des choses qui m’agacent aussi. Regardez le crédit qu’on donne à Bush aujourd’hui. Il était convaincu qu’il allait pouvoir christianiser le Moyen Orient. Il pensait vraiment qu’il allait pouvoir imposer la paix américaine, il avait une conviction. Trump n’en a aucune. Je ne pensais pas que les États-Unis pouvaient tomber si bas, mais la plus grande chance de Donald Trump, c’est d’être opposé à Hillary Clinton. »

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Hillary Clinton, une aristocrate

« Dans la biographie ‘HRC’ de Jonathan Allen, elle est convaincue que la présidence lui revient de droit. C’est une aristocrate. Elle pense que le pouvoir lui revient de droit. Sa valeur de base, ce n’est pas la compétence, mais la loyauté. Elle est donc extrêmement revancharde et rancunière. Avec tant de talents sur son territoire, on s’étonne de se retrouver avec deux candidats pareils. Vous avez une libérale face à quelqu’un qui a détourné le parti républicain à son avantage. Mais ce sont deux New Yorkais issus d’un même monde. On ne doit pas s’étonner qu’une partie des Américains ne s’y retrouve pas. »

barack_cover3« Barack, tu nous manqueras ! », de Nicolas Vadot, éditions Sandawe, 128 pages, 20 €
Nicolas Vadot dédicacera cet album demain 5 novembre à la Fnac Toison d’Or (15h-16h) et le 26 novembre à la Fnac City 2 (15h-16h) à Bruxelles.