De mastodonte à modèle de poche: l’histoire du disque dur

757

Saviez-vous qu’il y a 60 ans IBM commercialisait le RAMAC 305 et, par la même occasion, présentait l’ancêtre du disque dur tel que nous le connaissons aujourd’hui? La différence avec un disque dur externe moderne, comme le Seagate Backup Plus Ultra Slim, ne peut toutefois pas être plus grande! En effet, le Backup Plus Ultra Slim se loge sans la moindre difficulté dans la poche du pantalon et peut contenir 1 térabyte de données, tandis que le RAMAC 305 pèse 1 tonne et ne peut même pas contenir 5 mégabytes de données. Nous profitons du mois de l’histoire pour nous pencher sur l’évolution du disque dur.

Des cartes perforées

ponskaart
Photo: D.R.

Les lecteurs attentifs auront sans aucun doute remarqué que le disque dur est encore relativement jeune, d’autant plus comparé à l’ordinateur. Charles Babbage imagine dès le XIXe siècle la «machine analytique», capable de calculer à l’aide de cartes perforées – programmées par Ada Lovelace. Cette machine ne sera toutefois jamais achevée, mais constitue un pas important dans le développement de l’ordinateur.

Herman Hollerith conçoit à la fin du XIXe siècle une machine de traitement de données sur la base de cartes perforées. Il parvient à coder toutes les données d’un recensement d’un État des États-Unis et à les traiter en 77 heures à peine. Le recensement complet ne prendra que 6 semaines, alors qu’avant il fallait compter 7 ans! Le succès remporté par cette machine mène à la fondation de Tabulating Machine Company, l’entreprise qui deviendra plus tard IBM.

Un disque dur au sens littéral

Pendant longtemps, les cartes perforées sont l’unique moyen de mémorisation ou d’utilisation des données. Néanmoins, pendant la Seconde Guerre mondiale, les ordinateurs à tubes électroniques se développent à grande vitesse. On peut y stocker quelques bytes certes, mais on perd toute les données quand l’électricité est coupée! La première mémoire permanente voit le jour en 1956, quand IBM lance le RAMAC 305. Ce mastodonte est l’un des tout derniers modèles à buses électroniques. Il nécessite 3 personnes pour le commander. Il permet de mémoriser 5 millions de signes à l’aide de 50 disques magnétiques, soit l’équivalent de 64.000 cartes perforées. Voilà qui a l’air bien impressionnant, mais cela correspond à 5 mégabytes dans une machine qui occupe toute une pièce!

ibm-3380
Un module d’ IBM-3380 Photo: Wikimedia Commons / Arnold Reinhold

Pendant longtemps, IBM fait figure de pionnier sur le marché des disques durs. Des modèles
de la taille d’une machine à laver, comme l’IBM 3340 Winchester, peuvent stocker en 1973 jusqu’à 70 mégabytes. En 1980, on passe à plus d’1 gigabyte dans une seule machine. L’IBM 3380 a une capacité de 2,52 gigabytes, mais coûte environ 100.000 dollars et a encore toujours la taille d’un gros frigo.

La révolution

Cette même année, Shugart Technology (aujourd’hui Seagate) lance le ST-506, le premier disque dur du monde à avoir les mêmes dimensions qu’un lecteur de disquettes. Cet appareil révolutionnaire ne peut contenir «que» 5 mégabytes de données, mais met un terme aux chipots avec les disquettes pour pouvoir utiliser un ordinateur personnel. La capacité de stockage grandit rapidement. Le design et le raccordement du ST-506 sont pendant de longues années le standard pour les disques durs dans les PC.

st506
Le ST-506 Photo: D.R.

Au fil du temps, les disques durs rapetissent. Au début des années 90, Toshiba lance le Tanba-1, un petit disque dur qui permet de disposer d’un ordinateur portable élégant. À la fin des années 90, IBM sort le Microdrive. Ce petit appareil mesure 3 cm à peine et ressemble à une carte CompactFlash, mais contient encore toujours un disque magnétique rotatif. Les Microdrives de Seagate et Hitachi permettent en 2004 de stocker 4 gigabytes de musique sur un iPod Mini.

ultra-slim
Le Seagate Backup Plus Ultra Slim

Et si on continue sur la lancée de la tendance à plus de capacité de stockage avec moins de surface en matière de disques durs, on arrive aujourd’hui automatiquement au Seagate Backup Plus Ultra Slim. Bien que ce disque dispose d’une capacité de pas moins de 2 térabytes, il se loge sans le moindre problème dans la poche de votre pantalon!

Aucun mouvement

Une clé USB Photo: Wikimedia Commons / NRBelex
Une clé USB Photo: Wikimedia Commons / Nrbelex

Plus la technologie de la mémoire flash s’améliore, moins les éléments mobiles sont nécessaires. Dans le cas des petites cartes SD ou des clés USB, les données sont stockées sur une puce et pas sur un disque magnétique. Cette évolution se marque aussi dans les disques durs avec les Solid State Drives (SSD).

Actuellement, les SSD sont encore plus chers que leurs homologues à disque rotatif, mais leurs prix sont en train de baisser. La capacité des SSD est quant à elle en train de grimper. Seagate a présenté cet été un exemplaire de pas moins de 60 térabytes lors du Flash Memory Summit en Californie. On n’en connaît pas encore le prix, mais cet appareil ne sera pas bon marché. À titre de comparaison: le prix d’un disque SSD de Samsung de 15,36 térabytes est de 10.000 dollars (9.200 euros)!