B-Boy Junior: « Red Bull Flying Illusion réunit la crème des danseurs »

Du Zaïre où il est né à la Bretagne où il a grandi, Junior Bosila Banya -alias B-Boy Junior- a surmonté la polio dont il souffrait enfant pour devenir une des références de la danse hip-hop. Il enflamme actuellement la scène de Red Bull Flying Illusion, un show qui mixe danse urbaine et effets spéciaux.

Comment as-tu découvert le hip-hop ?

« J’ai découvert le hip-hop sur des vidéos. Mais déjà quand j’étais petit, je dansais pas mal et j’aimais tout ce qui était acrobaties. J’ai découvert le hip-hop vers l’âge de 13-14 ans, via des amis qui avaient la chance de voyager vers la capitale et me transmettaient ce qu’ils avaient vu là-bas. Par la suite j’ai commencé à m’entraîner plus sérieusement, et voilà… »

Tu es né au Zaïre et as grandi en Bretagne, deux localités qu’on n’associe pas vraiment au hip-hop…

p-20121213-00082_hires-jpeg-24bit-rgb-news« Je suis arrivé en Bretagne vers l’âge de 7 ans. J’aimais déjà la musique via mon background en Afrique. Dans ma famille, on aimait la musique et la danse, et moi j’avais déjà ma manière de danser, en mélangeant des pas de ce qu’on appelait de la hype et des petites acrobaties. C’est clair que quand je me suis retrouvé en Bretagne, ce n’était pas le sport régional (rires). Je me retrouvais à m’entraîner avec des potes du quartier, on s’était fait un petit groupe et on trouvait des endroits un peu partout pour pouvoir s’entraîner. On posait nos cartons dans une cage d’escalier, dans le quartier ou même dans les centres commerciaux. On avait la frustration de ne pas avoir tout tout de suite, on galérait un peu plus pour acquérir certains mouvements et performances, et ça nous donnait notre originalité. »

Le break t’as-t-il aidé à surmonter la polio ?

« Oui, mais ça s’est fait naturellement. C’est par amour de la danse que je me suis forgé physiquement et mentalement. A force d’entraînement et de dépassement de soi-même, ça a sculpté mon corps et mon mental. »

Aujourd’hui, comment se déroule une journée d’entraînement type pour toi ?

« Il n’y a pas vraiment de journée type car je suis pris entre différents projets. Red Bull Flying Illusion est le principal d’entre eux en ce moment, mais à côté de ça j’ai une création avec un danseur contemporain, nous avons aussi ce duo Extension. Je suis également dans la création d’événements avec celui qui vient de se dérouler à Saint-Malo. On a fait salle comble (rires) avec ce premier spectacle que j’organisais. J’ai voulu redonner ce que j’avais pu découvrir quand j’allais à mes premiers événements, cette lumière qu’il devait y avoir dans mes yeux quand je regardais les danseurs évoluer. Et j’ai retrouvé cette même lueur dans les yeux des parents et des enfants, et c’était une consécration. A côté de ça, j’ai plusieurs projets, dont Red Bull Flying Illusion est le plus important. Je n’ai donc pas vraiment de journée type, mais dès que j’en ai les moyens, je me mets en forme avec des exercices en musique. Même chez moi, je fais en sorte de ne pas avoir de trop gros meubles pour pouvoir les déplacer quand il le faut (rires). »

Justement, qu’est-ce qui t’a attiré dans Red Bull Flying Illusion ?

« Le côté innovant. Le directeur artistique est parti d’un délire, et moi c’est ce que j’aime les délires (rires). Cette ambition de vouloir réunir la crème des danseurs pour leur originalité et créer quelque chose en adéquation avec l’illusion. Il emmène le hip hop dans une dimension plus universelle. C’est un spectacle qui permet aussi de rassembler toutes les générations et les classes sociales. Les gens qui viennent passent un bon moment. Le spectacle a déjà tourné en Allemagne, Suisse, Suède et Autriche. On a conquis près de 90.000 spectateurs, et la plupart étaient vraiment ravis. »