La présence des femmes en hausse dans les conseils d’administration

Belga / L. Dieffembacq

La représentation des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse, des entreprises publiques autonomes et de la Loterie Nationale a plus que doublé en huit ans, passant de 8,2% en 2008, à 21,6% en 2016, constate mardi l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes à l’occasion d’un bilan de la loi du 28 juillet 2011 relative aux quotas de genre dans les conseils d’administration des entreprises.

En 2016, 38,7% de l’ensemble des entreprises étudiées, soit 46 sur 119, atteignaient la représentation d’un tiers de femmes telle que prévue par la loi. Elles n’étaient que 13,6% en 2012.

Le bâton fonctionne

«Ces résultats encourageants montrent que l’approche contraignante fonctionne surtout au sein des plus grandes entreprises cotées en Bourse. C’est assez logique étant donné qu’elles doivent se conformer à la loi pour 2017 sous peine de sanctions financières, tandis que les petites et moyennes entreprises ont jusqu’en 2019», déclare Michel Pasteel, directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Si les entreprises publiques ainsi que la Loterie Nationale ont atteint l’objectif légal depuis plusieurs années, «leurs résultats sont en diminution par rapport à 2014» avec 34,7% de femmes en 2016 pour 36,4% deux ans plus tôt. «Leurs résultats sont également inégaux», souligne l’Institut. En effet, Proximus (43% de femmes, dont sa CEO Dominique Leroy en photo ci-dessus) et Infrabel (40%) font partie des bons élèves, tandis que les CA de bpost (33%), Belgocontrol et la SNCB (30%) se contentent du minimum légal.

Peut mieux faire dans les comités de direction

L’Institut s’est également intéressé aux quotas de femmes dans les comités de direction, bien que ceux-ci ne soient pas sous le coup de la loi. L’évolution est positive, mais les femmes y restent très faiblement représentées. En 2016, 76,2% des comités de direction du total des entreprises étudiées comptent zéro ou une seule femme.

Face à ce constat, l’Institut plaide pour que des quotas de genre soient imposés dans le comités de direction des entreprises cotées en Bourse et des entreprises publiques autonomes, «seul moyen d’amorcer un véritable changement de mentalités».