Le secteur brassicole belge pétille

Pourtant soumis à des hausses d’accises à répétition, le marché brassicole belge fleurit. En cinq ans, le nombre de brasserie ou de sociétés brassicoles a presque doublé.

Entre 2010 et 2015, le marché belge brassicole s’est intensifié et diversifié, selon la dernière analyse du Syndicat Neutre des Indépendants (SNI), sur base des chiffres du SPF Économie. Si en un an le nombre de brasseries et de sociétés brassicoles (qui commercialisent des bières brassées par d’autres) a augmenté de 15%, en cinq ans, leur nombre est passé de 159 à 296. Soit un bond colossal de 86% dans le plat pays. En détail, seule la capitale n’a pas connu de progression fulgurante. Alors que Bruxelles a stagné sur cette période à 10 entreprises, la Flandre a enregistré une croissante de 89% (de 98 à 185) tandis que la Wallonie se voit décerner la palme de la région la plus prospère pour ce breuvage avec une hausse de 94% des firmes vouées à sa production (de 49 à 100).

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Produit d’exportation

Peu de secteurs peuvent se targuer d’une telle marge de progression. Pourtant, si le marché croît et se segmente, les Belges lèvent moins le coude: 8 millions d’hectolitres ont été écoulés en 2015, contre 8,5 millions d’hectolitres en 2010. Un constat étonnant, d’autant que la production n’a, elle, cessé de s’accentuer (de 18 millions d’hectolitres en 2010 à 20 millions en 2015). Le véritable moteur de ce développement spectaculaire du secteur brassicole belge s’explique par un intérêt croissant étranger. Les exportations continuent en effet de soutenir la fabrication noire-jaune-rouge puisque 66% de la production belge y sont destinés. En 2015, nos bières ont particulièrement séduit la France, les Pays-Bas et les États-Unis.

Le succès de la «Pils» s’étiole

Sur les 33% restant, ceux dédiés au marché national, on peut également observer des changements de paradigmes. Le Belge préfère ses mousses locales mais il modifie ses habitudes bibitives. Ils semblent désormais délaisser progressivement la «pils» au profit des spéciales et des artisanales, plus fortes et moins consommées mais dont les déclinaisons charment amateurs comme professionnels.

Au ralenti pour un permis

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Avec ses deux associés, Nacim Menu a récemment créé sa micro-brasserie «L’Ermitage» à Anderlecht, qui sera la cinquième de la capitale en deux ans. Mais le Bruxellois dénonce la lourdeur administrative qui paralyse des projets similaires.

Les micro-brasseries émergent tous azimuts. Quelles sont les démarches à entreprendre pour se lancer?

«Beaucoup (rires). Pour la nôtre, on a d’abord passé deux ans et demi à peaufiner nos recettes. Ensuite, on a réalisé plusieurs étapes obligatoires: étude de marché, analyse financière, financement potentiel, prévisions de rentabilité, etc. Au final, le travail que doit effectuer toute start-up. Ensuite, pour la commercialisation, on a dû designer l’outil de production, trouver les équipements, un local qui englobera le volume de production fixé.»

Quels sont les obstacles?

Pour les zones urbaines, la procédure est très lourde quand on la compare à d’autres pays comme la France. Rien n’est adapté aux micro-brasseries et les protocoles sont calqués sur ceux des grosses cylindrées brassicoles. C’est surtout le permis d’environnement qui fait tarder les choses. Une fois le dossier de 80 pages rendu, cinq mois et demi au minimum s’écouleront avant de recevoir une réponse, ce qui coûte du temps et de l’argent.