Rentrée littéraire : Florent Oiseau : Chronique d’un antihéros

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De surveillant de lycée à écrivain, il n’y a qu’un pas. Avec son premier roman «Je vais m’y mettre», Florent Oiseau nous plonge dans le quotidien banal d’un antihéros normal, et assurément familier, qui, loin de faire rêver, redonne le sourire par son incomparable fainéantise.

«Je vais m’y mettre», C’est une véritable ode à la procrastination et à l’inactivité que vous écrivez là?

«Oui, je trouvais assez sympa d’essayer de donner vie à un personnage qui n’a pas forcément sa place dans un roman. J’aime beaucoup les antihéros, les personnages un peu désabusés.»

Fred est un personnage fainéant qui oscille entre chômage et jobs alimentaires depuis toujours. C’est votre image de la génération actuelle?

«Pas tellement en fait. Évidemment que la période est compliquée mais j’ai plutôt l’impression que les jeunes essaient de se bouger. Lui, il a fait le choix de ne pas faire de choix mais je ne suis pas sûr qu’il reflète tout à fait une génération.»

Crêpier, plongeur… Il a fait les mêmes petits boulots que vous. Quels sont vos autres points communs avec lui?

«On aime bien boire des demis au comptoir. (sourire) J’ai essayé de mettre une certaine distanciation entre le personnage et moi mais on a des points communs, je ne suis pas très très ambitieux et pas très très courageux. J’ai piqué des traits de caractère et des habitudes à droite, à gauche mais je n’ai pas vraiment l’impression qu’il ressemble énormément aux personnes que l’on croise dans la vie de tous les jours.»

« Un branleur fini qui traîne au bar… Ça m’inspirait »

Pourquoi avoir voulu raconter son histoire, celle d’un homme normal au quotidien banal?

«Pour un premier roman je voulais écrire sur le milieu que je connaissais le mieux. Donc j’ai choisi un branleur fini qui traîne au bar… Ça m’inspirait.»

Malgré tous ses défauts et sa manière un peu particulière de se faire de l’argent facile, vous arrivez néanmoins à en faire une personne attachante.

«Je ne voulais pas qu’il soit antipathique. En regardant un peu les avis sur internet, sans me jeter des fleurs, ils sont plutôt positifs. Chez ceux qui ont bien aimé le livre, j’ai l’impression qu’ils ont compris le personnage. En revanche, je pense qu’il y a moyen de faire une autre lecture. Pour certains, il est très antipathique. Ça doit énerver quelqu’un qui ne fait rien. Il est différent. Peut-être que sa liberté énerve aussi.»

En quelques lignes

La quarantaine passée, affalé sur son canapé à manger des Knacki, ou du poisson pané, devant l’émission de Sophie Davant, Fred a un quotidien bien huilé durant lequel il ne fait absolument… rien. Mais tout va basculer lorsqu’il apprend que ses allocations vont prendre fin. Fainéant au plus haut point, il va user d’ingéniosité pour gagner de l’argent facilement quitte à risquer des ennuis en jouant l’apprenti maquereau. Un premier roman plaisant et léger, dans lequel Florent Oiseau dépeint, avec beaucoup d’humour, un personnage au premier point énervant mais auquel on s’attache très rapidement.

«Je vais m’y mettre», de Florent Oiseau, éditions Allary, 220 pages,17,90 €

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