Peut-on avoir 30 ans (ou plus) et jouer à Pokémon GO ?

Impossible de le nier ou de passer à côté, Pokémon GO est le phénomène de l’été. Même s’il est difficile d’estimer combien de temps cela va durer, on peut déjà dire que, comme il y a eu la folie des pogs, des tamagotchi et des pins, il y a la folie de Pokémon. Mais une question nous turlupine. Peut-on avoir plus de 30 ans, jouer au Pokémon et aimer ça ? Fraîchement trentenaire, Monsieur jeu vidéo de Metro livre son expérience.

Ma première rencontre avec Pokémon GO a eu lieu début juillet dans les bureaux de Metro. Avant même la sortie officielle du jeu, un collègue du marketing l’avait installé sur sa tablette. A la rédaction, quelques-uns se sont montrés curieux en allant voir ces petites bestioles virtuelles envahir nos bureaux, mais il faut bien admettre que la plupart des journalistes étaient plutôt perplexes et ont observé notre « early adopter » d’un air dubitatif, voire moqueur. Quelques jours plus tard, le 16 juillet, Pokémon GO est sorti officiellement en Belgique. Pas vraiment emballé mais curieux de comprendre le phénomène, j’ai accepté de laisser l’application prendre le contrôle de mon smartphone Android en l’installant. Pas de bol, les serveurs étaient surchargés toute la journée.

Quelques jours plus tard, j’ai retenté ma chance en testant l’application, à pied, sur le trajet qui sépare mon domicile de la gare d’Ottignies. Mais là encore, l’expérience fut plutôt négative. En 15 minutes de trajet, je n’ai croisé que deux Pokémon, et surtout la batterie de mon smartphone, outil de travail et de divertissement indispensable, avait pris un sacré coup pour le restant de la journée.

Normalement mon expérience aurait dû s’arrêter là, en me disant que le phénomène n’était tout simplement pas pour moi. C’était sans compter mon collègue Nicolas. Ce trentenaire bruxellois, fan de BD et de théâtre, avait succombé à la folie des Pokémon. Voyant les réactions moqueuses des collègues dès que ce mot sortait de sa bouche, je me suis dit que j’allais entrer dans son jeu pour y ajouter une couche. Parti avec une bonne longueur de retard, je me suis mis à tous les attraper. On pouvait désormais partager nos exploits et nos découvertes au bureau, et taquiner gentiment nos « rabat-joie » de collègues. « J’ai attrapé un Soporifik aux toilettes », « Il y a un Rondoudou au milieu du bureau et tout le monde s’en fout ? ». Même en dehors du bureau, notre chasse se poursuivait par SMS. C’est ainsi que ce qui ne devait être qu’une blague est rapidement devenue une petite addiction…

Pas pour la drague …

Pendant une pause de midi, nous nous sommes retrouvés scotchés à nos smartphones en train de chasser les Pokémon dans le centre de Bruxelles. Mais si le slogan de la franchise est « attrapez les tous », il ne m’aura fallu que quelques minutes pour constater que cela ne s’appliquait bien qu’aux Pokémon. Deux jeunes femmes chuchotant un peu trop fort « Regarde, ils jouent aux Pokémon » m’auront vite fait comprendre que ce n’était pas un très bon moyen de drague. Mais tout n’est pas perdu pour les célibataires, il existe déjà des applications de rencontres basées sur le jeu. Par ailleurs, il existe même déjà des sex-toys Pokémon.

… Ni pour le style

Devant le regard désapprobateur de certains passants et les moqueries des collègues, il est toujours possible de « feinter » et faire semblant de ne pas y jouer. En gros, si vous tenez votre smartphone à une main, que vous êtes scotchés à votre écran et que de temps en temps, vous faites un mouvement du pouce (correspondant au lancer d’une Poké Ball), vous êtes suspects. La technique la plus couramment utilisée pour dissimuler que vous jouez à Pokémon Go, tout en gardant l’application ouverte, histoire que vos œufs soient incubés et que vous puissiez attraper de nouveaux Pokémon, est de tenir votre smartphone dans une main le long du corps. Dès qu’un Pokémon apparaît, votre smartphone vibrera et vous pourrez tenter de l’attraper. Pensez également à désactiver la musique et les bruitages. Mais même en utilisant ces techniques de dissimulation, vous vous rendrez rapidement compte que vous n’êtes pas le seul à utiliser ce subterfuge.

Juste pour le fun

Finalement, le meilleur moyen est sans doute d’assumer. L’application est excellente. Elle permet de s’amuser à collectionner les petits monstres de notre enfance, mais aussi de faire des rencontres dans la vraie vie et de se dépenser en faisant de la marche à pied. Alors bien sûr, parfois, ça fait un peu peur, notamment de se retrouver dans le parc royal au milieu d’une centaine d’adolescents en train d’y jouer. Mais avec un peu de maîtrise et quelques amis ayant eux aussi succombé au phénomène, Pokémon GO fait passer de chouettes moments. Le tout, sans avoir à dépenser de l’argent comme dans beaucoup de jeux free to play. Au fait, en moins d’une semaine, j’ai attrapé une centaine de Pokémon dont 50 différents, j’ai atteint le niveau quinze, j’ai parcouru plus de 20 km à pied. Et ce soir, j’ai fait un petit détour allant sortir la poubelle, j’ai capturé un Evoli, un Chenipan et un Roucool et j’ai pris le contrôle de ma première arène. Preuve s’il en est qu’on peut effectivement avoir plus de 30 ans et jouer à Pokémon GO.

Ce vendredi 5 août, le youtubeur français Cyprien a publié un sketch humoristique sur le phénomène Pokémon GO :