Le Coudenberg vous invite à la table de Charles-Quint

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Le Palais du Coudenberg, résidence royale de la Renaissance, était un lieu de banquets et de fêtes où l’étiquette était de mise. Une exposition -et une foule d’activités familiales ce dimanche- nous invite à la table de l’Empereur Charles Quint.

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Rue Isabelle – Ph. M. Vanhulst

Des fondations du palais qui se visite aujourd’hui dans les sous-sols de la Place Royale de Bruxelles, subsistent les cuisines. Au 16e siècle, régnait ici une effervescence toute particulière les jours de banquet. Ils étaient des dizaines à faire tourner les volailles à la broche, à pétrir le pain, à préparer les sauces,… À l’étage, dans l’Aula Magna, se joue une histoire importante ce 11 novembre 1565 : un repas somptueux célèbre le mariage du duc Alexandre Farnese, neveu de Philippe II, et de Marie de Portugal. Cent dix cuisiniers se démènent pendant 15 jours. C’est l’un des nombreux rendez-vous de table qu’a connu la cour de Charles-Quint et de son successeur. Plus qu’un simple repas de fête, il s’agit aussi d’une démonstration de pouvoir. « Le banquet est un rite politique et un outil diplomatique », nous explique Caroline Rossez, commissaire de l’exposition « Un banquet à la Renaissance ». « La cour de Bruxelles est reconnue pour son étiquette très stricte avec une vraie codification du cérémoniel de cour. Les gens viennent pour paraître, voir et être vu à la table du souverain. »

Histoire d’un rite

Présentant des objets issus de fouilles au Coudenberg mais aussi au château des comtes de Boussu et des collections du Musée de Mariemont –vaisselle, ustensiles de cuisine, ouvrages de cuisine de l’époque,…-, l’exposition veut jouer la carte de l’expérience, « donner une perception du banquet et des clés de lecture pour redonner vie à l’événement ». Ainsi on voit ce qu’il y avait dans l’assiette (viandes, poissons, peu de légumes, mais aussi épices et condiments). Mais la table devient une véritable mise en scène où objets et décoration sont savamment posés. Le banquet est un rite à la portée symbolique telle que les peintres exécutent des représentations de repas qui n’ont jamais eu lieu mais pour rassembler des personnes qui ont intérêt à être vues ensemble : comme cette reproduction du « Banquet des monarques de la maison d’Autriche » qui, en réunissant trois générations autour d’une table, a permis de légitimer la descendance royale en reprenant les codes d’un banquet tel qu’il devait se tenir à l’époque.

En famille

Ph. Véronique Evrard
Ph. Véronique Evrard

En marge de cette exposition, le Coudenberg propose ce dimanche 5 juin une journée familiale où petits et grands pourront voyager dans le temps, préparer et goûter des mets royaux selon les recettes d’époque, s’initier au tir à l’arbalète, danser et jouer comme à la Renaissance. La journée est gratuite pour les moins de 18 ans et de 4 à 6 € pour les adultes, l’entrée donnant droit de participer aux différentes activités et à visiter le site toujours impressionnant des vestiges du Palais de Bruxelles du monarque d’un empire où le soleil ne se couchait jamais.

Nicolas Naizy