Après l’accueil d’urgence, l’Allemagne se penche sur l’intégration

«À notre première réunion, il y avait dix personnes. Et puis quand de plus en plus de gens sont arrivés en Allemagne, en août et septembre de l’année dernière, nous avons été littéralement submergés de demandes et depuis cela n’a plus cessé», explique Franziska Birnbach, fondatrice de l’association «Start with a friend» («Un ami pour commencer»). Le concept de l’association est simple: il s’inspire de celui du tandem linguistique, dans lequel un local rencontre un étranger pour que chacun apprenne la langue de l’autre. Sauf qu’ici, le tandem réunit un migrant et un Allemand et qu’il n’est pas seulement question de langue. Trouver un stage, du travail, peut-être un appartement, avancer dans sa procédure de demande d’asile, apprendre à mieux connaître l’Allemagne pour y vivre mieux, échanger d’égal à égal, voici ce qui constitue la substance de ces tandems. Et l’idée est que la relation s’installe dans le long-terme. En 2015, «Start with a friend» a déjà permis la création de 200 tandems et envisage de dépasser le millier l’année prochaine.

«Contexte privilégié»

«Quand j’ai rencontré Nina, je lui ai demandé: pourquoi fais-tu ça avec moi?», raconte dans un allemand hésitant, Ehab Masood, Syrien de 26 ans arrivé à Berlin il y a plus d’un an. «Elle m’a répondu: j’ai tout en Allemagne». «Ici, on grandit dans un contexte si privilégié. Et parallèlement, des gens arrivent qui n’ont rien et essaient de construire une nouvelle vie», complète Nina, 27 ans. «Cet échange est un réel enrichissement, pas seulement du fait de ce que j’apporte à Ehab mais aussi des choses qu’il m’apprend», dit-elle, dans son appartement du centre de Berlin où elle invite régulièrement Ehab pour discuter, cuisiner,etc.

La coalition gouvernementale allemande a approuvé jeudi une série de mesures encadrant l’intégration des réfugiés, leurs droits et leurs devoirs. Beaucoup expriment cependant des doutes face à la politique d’Angela Merkel. «On peut y arriver», veut croire Nina, «mais ce ne sera possible qu’ensemble», «si chacun apporte sa contribution».