Nucléaire: un expert répond à Vega

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Lundi, une action en référé pour contester la réouverture des centrales nucléaires T2 et D3 a été introduite par l’asbl «Nucléaire Stop» (www.noT2D3.be).

Le lendemain dans Metro et sur metrotime, le parti Vega fustigeait le manque d’indépendance des experts consultés, citant notamment le Pr Pierre-Etienne Labeau, que nous présentions comme «le président du groupe international chargé par l’AFCN de l’analyse technique indépendante de la cuve du réacteur D3, dont les travaux à la tête du Belgian Nuclear Education Network ont été sponsorisés par Engie (ex-GDF Suez) jusqu’en 2012».

Ce dernier a tenu à réagir: «Le Belgian Nuclear higher Education Network (BNEN) est un master de spécialisation en génie nucléaire (…). Les professeurs des différentes universités participantes donnent des cours dans le cadre de leur charge dans leur institution d’origine, et sans la moindre rémunération supplémentaire! C’est un programme d’enseignement, et non de recherche. Engie en est un sponsor, ce qui permet de couvrir les frais administratifs et logistiques… mais aussi des bourses pour des étudiants en situation socio-économique défavorable.»

Le Pr Labeau admet aussi qu’il a «effectivement un projet de recherche en cours financé directement par Electrabel, et qui porte sur… l’optimisation des politiques de maintenance de parcs éoliens offshore. Est-ce là la preuve d’une collusion en faveur du nucléaire, sans regard plus large sur la question énergétique?»

Il ajoute: «Vega demande le recours à des experts indépendants, par exemple allemands. Le groupe que j’ai présidé (international, comme cela est mentionné à juste titre) bénéficiait non seulement de l’apport d’un expert allemand, mais également de celui d’experts issus de 5 à 6 autres pays, ce qui est un gage d’indépendance bien plus important.»

«Enfin», conclut-il, «il convient de rappeler qu’en toute logique, des ‘experts indépendants’ dont des travaux ont été financés par Greenpeace, les Verts ou tout autre groupe écologiste ouvertement anti-nucléaire sont par essence disqualifiés en premier, dans le droit fil de l’argumentation de Vega, afin d’éviter toute collusion.»

Photo Belga / E. Lalmand